Samedi 3 mars à 15:15 débutera le tant attendu tournoi des Six Nations 2018. Quoi de mieux pour commencer la compétition avec un alléchant Pays de Galles-Ecosse en guise de match d’ouverture. Cette année, les six pays qui participent au tournoi se trouvent dans des situations hétérogènes. D’un côté, il y a les équipes favorites comme l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande. Puis de l’autre côté, il y a les équipes en méforme, à l’image de la France, de l’Italie et du Pays de Galles. Explication des enjeux du tournoi, édition 2018.

 

Angleterre:

Les sites d’annonces de paris sportifs font du XV de la Rose le favori de ce tournoi. Pas étonnant au vu des statistiques présentées par le sélectionneur Eddie Jones. Sur les vingt-trois matchs disputés par l’Angleterre depuis le revers de la coupe du monde 2015, vingt-deux ont été gagnés. Un bilan indéniable avant d’entamer la compétition. Toutefois, l’Angleterre n’a pas disputé une seule rencontre face à la Nouvelle-Zélande, qui est actuellement première au classement IRB. Seule l’Irlande avait réussi à battre l’Angleterre lors du dernier tournoi des Six Nations (13-9). L’autre énigme concernant l’équipe d’Angleterre pourrait concerner l’effectif. En effet, après une longue et éreintante tournée avec les Lions Britanniques et Irlandais l’été dernier, certains cadres se sont retrouvés à l’infirmerie. Eddie Jones doit composer avec l’absence de Billy Vunipola, Elliot Daly ou encore de James Haskell (celui-ci est suspendu). Une plaie que le sélectionneur tente de cicatriser en injectant huit novices dans le groupe désigné pour le tournoi. Quand bien même le XV de la Rose n’a pas réussi à remporter le Grand Chelem l’année dernière, il reste sur deux victoires d’affilées dans la compétition.

 

Ecosse:

En juin et novembre dernier, l’Ecosse a surpris le monde du rugby en battant l’Australie par deux fois. Mais ce qui a le plus marqué a été sa performance contre les All Blacks. Seuls cinq points séparaient les deux équipes à la fin de la rencontre. Une bonne prestation au vu des nombreux cadres absents à ce match. Malheureusement, le XV du Chardon sera encore limité en matière d’effectif, puisque de multiples blessés sont à déplorer. Le récent sélectionneur écossais, Gregor Townsend, devrait faire face à une hécatombe de piliers indisponibles (Dickinson, Dell, Nell, Fagerson…) ainsi que les talonneurs (Ford et Brown). Néanmoins, les Écossais ont prouvé qu’ils pouvaient se hisser à la cinquième place du classement IRB sans leurs principaux atouts. L’année dernière, l’Ecosse avait terminé quatrième ex aequo avec l’Irlande et la France, seulement devancé par une moyenne de points inscrits plus faibles. Avec trois victoires au total, l’équipe était une des surprises du tournoi. Seule une lourde défaite face à l’Angleterre (61-21) ternissait le tableau final. Cette fois-ci, les Écossais auront à cœur de laver cet affront en recevant les Anglais le 24 février prochain.

 

France: 

Par où commencer: un changement de sélectionneur en pleine période de Noël, une équipe de France ternie par les scandales extra-sportifs de la fédération, des résultats en 2017 désastreux (trois victoires, un match nul et huit défaites pour un total de 12 matchs)… Voilà comment résumer la situation de l’équipe de France avant d’entamer le tournoi des Six Nations 2018. Exit Novès, place à Brunel et à son nouveau staff. Par ce changement de sélectionneur, une première dans l’histoire de l’équipe de France, Laporte souhaite revigorer le XV de France. Un nouveau souffle symbolisé par la sélection de nouveaux joueurs (Jalibert, Lambey, Macalou…) et de vieux briscards (Parra, Lauret…). A noter également le maintien de Guirado en tant que capitaine de l’équipe, lui qui a connu l’actuel sélectionneur à Perpignan. Pour les médias français, cette édition 2018 s’annonce de mauvais aloi. Il faut ajouter à tout cela une kyrielle de blessés (Fofana, Penaud, Lacroix, Lopez…), ce qui n’arrangera certainement pas les affaires de l’équipe de France. Pour « The Rugby Paper », la France devrait s’inspirer des bons résultats des équipes françaises en Champions Cup pour insuffler un nouveau souffle positif et triomphant. Après de telles déconvenues au mois de novembre et de juin dernier, la France pourrait se relancer sur la scène internationale. Toutefois, cela reste une mission délicate et ambitieuse.

 

Italie:

Seulement une victoire sur l’ensemble de l’année 2017. Un maigre bilan avant d’aborder ce nouvel opus du tournoi des Six Nations. Au total, depuis l’arrivée de Conor O’Shea sur le banc de la Squadra Azzurra en début 2016, l’Italie n’a remporté que quatre des dix-sept rencontres disputées. Des matchs remportés contre de modestes adversaires tels que les Etats-Unis, le Canada et les Fidji. Néanmoins, il faut ajouter à ce bilan une victoire contre les Springboks (20-18) lors de la tournée d’automne de 2016. Il faut remonter dans le temps pour trouver des arguments favorables aux Transalpins. Par ailleurs, les Italiens devront faire avec une ligne de trois-quarts amoindrie: Campagnaro, Morisi et Sarto sont tous à l’infirmerie. En ce qui concerne le poste de numéro dix, la même problématique se répète chaque année: qui peut mener à bien la ligne de trois-quarts ? A ce jeu-là, trois ouvreurs se disputent la place: Canna (le titulaire habituel), Allan (le titulaire en force) et McKinley (originaire d’Irlande, qui a la particularité de jouer avec des lunettes de protection). Malgré la présence de l’inamovible capitaine Sergio Parisse, le XV d’Italie tentera d’échapper comme à son habitude à la cuillère de bois.

 

Irlande:

Troisième nation au classement IRB, l’Irlande n’a pas la même côte auprès des parieurs sportifs que l’Angleterre mais elle reste favorite pour la victoire finale. En effet, les Irlandais restent sur sept victoires d’affilées dont une prestigieuse face à l’Afrique du Sud (38-3). Il y a deux ans, le XV du trèfle avait déjà renversé les All Blacks à Chicago (40-29). Solide sur les faces de conquête, l’Irlande s’appuie principalement sur une charnière de classe mondiale avec un duo Murray/Sexton. Pas moins de onze joueurs présents avec les Lions sont sélectionnés pour le tournoi. Un fort contingent d’expériences et de qualités qui sera précieux tout le long du tournoi. Le tout dernier match face à l’Angleterre s’annonce déjà décisif et palpitant. Toutefois, les Irlandais regretteront les absences des deux troisième-lignes, O’Brien et Heaslip, clés dans le pack. L’actuel sélectionneur Joe Schmidt s’estime heureux, car son équipe recevra trois des cinq rencontres du tournoi. Un avantage indéniable.

 

Pays de Galles:

En 2016, le Pays de Galles terminait à la cinquième place du classement final. Cette année, il est difficilement envisageable un meilleur classement pour eux. Lors de la dernière tournée d’automne, les Gallois ont remporté deux de leurs quatre matchs. C’était face à la Géorgie (non sans difficulté) et l’Afrique du Sud (amoindrie et en pleine crise). En plus des résultats peu convaincants, la principale faille provient des nombreux blessés. Pas moins de neuf titulaires de l’année dernière n’entameront pas la compétition. De plus, il s’agit de joueurs cadres, tous présents lors de la tournée des Lions. En voici une liste non exhaustive: Warburton, Webb, Biggar, North, L.Williams, Davies, Faletau, Lydiate, Priestland…. N’en déplaise au sélectionneur Warren Gatland, qui devra faire avec une équipe galloise affaiblie. Par ailleurs, cette cascade de blessés pourrait permettre à des jeunes talents d’émerger comme l’ailier Evans, le centre Parkins ou le troisième-ligne Navidi. Reste à savoir si les Gallois réussiront à rééditer l’exploit de 2013. Pas si sûr.

 

Bon tournoi et à la semaine prochaine pour un autre topo.

 

Sources: Rubyrama, BBC Sport, The Telegraph, Le Figaro Sport, The Guardian, ESPN Sport, The Rugby Paper

A propos de l'auteur

Jeune et curieux, je m’intéresse à l'ensemble du monde ovale mais surtout aux rencontres internationales. Joueur moi-même, je peaufine actuellement mes qualités rugbystiques et générales à Manchester, dans la région du rugby à treize et du football. Original donc

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