Pendant tout le mois de novembre, la planète ovale a vécu au rythme des rencontres internationales de la tournée d’automne. A deux ans de la prochaine coupe du monde au Japon, certaines équipes peaufinent leur troupe, alors que d’autres se cherchent encore. « UpandUnder » fait un état des lieux de cette tournée.

 

Afrique du Sud: dans la tourmente

Cette tournée d’automne a confirmé que l’Afrique du Sud ne faisait plus partie du gradin du rugby mondial. Descendu à la sixième place au classement IRB, les Springboks traversent actuellement une crise sportive et administrative. En quatre rencontres, leur bilan est de deux victoires et de deux défaites. Les victoires ne sont pas flatteuses, puisqu’elles ont été face à des équipes elles-mêmes en difficultés : la France et l’Italie. Il y a eu également ces deux défaites face au Pays de Galles et à l’Irlande. Contre ce dernier, l’Afrique du Sud a subi sa plus large débâcle en encaissant un cinglant 38-3 à Dublin. Certains analysent ces revers comme le reflet du rugby sud-africain en ce moment. C’est-à-dire qu’ils seraient liés à plusieurs facteurs: le système des quotas, les nombreux contrats étrangers (plus de 400 joueurs Sud-africains joueraient à l’étranger), la faiblesse des équipes locales…

Angleterre: rien à signaler 

« Tout va bien dans le meilleur des mondes » pourrait penser le sélectionneur Eddie Jones, satisfait des résultats de son équipe. Comme attendu, le bilan est de trois victoires en trois rencontres face à trois nations hétéroclites: Argentine, Australie et Samoa. Néanmoins, les performances n’ont pas été à la hauteur de leurs attentes. Face à l’Argentine, le quinze de la rose s’est contenté du minimum nécessaire. Contre l’Australie, le match était plus serré que ne le suggère le score. Ce n’est qu’au cours des quinze dernières minutes que les Anglais ont fait la différence. Enfin, contre les Samoa, l’Angleterre a quelque peu balbutié son rugby malgré la large victoire. Cette tournée leur a permis de confirmer leur statut de favoris pour le prochain tournoi des Six Nations, ainsi que pour la coupe du monde. De plus, Eddie Jones a pu en profiter pour lancer de jeunes joueurs de qualité, comme Sam Underhill ou Henry Slade.

Argentine: ni vue, ni connue

Ces derniers temps, les Pumas passent un peu inaperçus sur la scène internationale, en ayant des résultats médiocres. Au cours de l’année 2017, l’Argentine n’a remporté que deux matchs, et ce, face à la Géorgie en juin dernier et face à l’Italie au mois de novembre. En conséquence, les Pumas descendent à la huitième position au classement IRB dans un relatif anonymat. Lors de ses tests-matchs contre l’Angleterre et l’Irlande, les Pumas n’ont tout simplement pas existé. Ce n’est que dans les dix dernières minutes des rencontres qu’ils ont réagi, une fois le match quasiment plié. A Parme, l’Argentine était au coude à coude avec l’Italie jusqu’à la soixante-dixième minute de la partie, avant de finalement prendre le large. Un succès qui apparaît comme une maigre consolation. Cela semble loin la coupe du monde 2015 où l’Argentine avait terminé en demi-finale.

Australie: coup d’arrêt

Les performances des Australiens ont été en dents de scie. Premièrement, parce qu’ils ont battu les Gallois sur le score confortable de 29-21, et ce grâce à une belle prestation. Deuxièmement, parce qu’ils perdent lourdement contre l’Angleterre et l’Ecosse, là où les spécialistes les attendaient. Cependant, leurs défaites sont à minimiser. En effet, face aux Anglais, les Australiens font jeux égaux jusqu’à la soixante-dixième minute, avant de sombrer en concédant trois essais. Puis, contre les Écossais, ils jouent plus d’une mi-temps à quatorze après l’expulsion du pilier Kepu. Leur indiscipline leur a coûté cher sur les deux derniers matchs, avec quatre cartons jaunes et un carton rouge. Dans les colonnes du Guardian, Nick Evans décrit l’Australie: « comme ayant besoin de leur meilleur quinze titulaires contre les grandes nations afin de rivaliser avec eux, sinon ils souffriront ». Deux grands absents semblent avoir porté préjudice aux Wallabies: David Pocock et Israel Folau.

Ecosse: la nouvelle nation phare

Voici le grand gagnant de cette tournée d’automne. Dans la continuité des résultats sous Vern Cotter, le nouveau sélectionneur Gregor Townsend a repris le flambeau et cela semble fonctionner. Lors de ses trois rencontres, l’Ecosse a joué avec beaucoup d’intentions offensives, d’abnégations et cela a porté ses fruits. Malgré une petite frayeur face aux Samoa, les Écossais se sont repris défensivement face aux grandes nations. Contre les All Blacks, ils n’étaient qu’à un essai transformé de l’exploit. Ce qui est peu au vu de la physionomie du match. Mais l’exploit du mois intervient face à l’Australie où l’Ecosse l’emporte 53 à 24. A noter que l’Ecosse n’évoluait pas avec leurs quinze titulaires habituels. Il manquait notamment le capitaine Laidlaw, le talonneur Ford et une bonne partie de la première ligne. En définitive, les Écossais étaient un plaisir à regarder, ils donneront du fil à retordre à de multiples équipes dans les échéances à venir.

France: de mal en pis

Trois défaites et un match nul. Voici le maigre bilan de l’équipe de France cet automne. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Bleus vont mal, voire très mal. Que cela soit le sélectionneur Guy Novès, l’ensemble du staff technique, le président de la fédération Bernard Laporte ou encore les joueurs eux-mêmes, tout le monde est coupable. Personne ne semble adhérer au plan de jeu du sélectionneur. Le match nul face au Japon est le symbole de cette équipe de France en totale perdition. Résultat, le public ne soutient plus les Bleus et cela s’est ressenti avec les sifflets lors du dernier match face aux Japonais. Cependant, quelques éléments positifs sont à signaler. Face à la Nouvelle-Zélande, les Bleus ont montré un visage plus séduisant en deuxième mi-temps, de même lors du second match en milieu de semaine. De plus, de nombreux cadres étaient absents pour cause de blessure. En somme, l’équipe de France va devoir se reconstruire, de haut en bas, en passant par la fédération, engluée par une affaire de conflit d’intérêts de son président.

Irlande: trois sur trois

Dès le premier weekend, l’Irlande a frappé fort en balayant l’Afrique du Sud sur le score de 38-3. A la manière de leur victoire face aux All Blacks l’an dernier, le ton était alors donné. Une performance qui confirme les bons résultats obtenus sur la scène internationale. En dépit d’un effectif vieillissant, le sélectionneur Joe Schmidt n’a pas hésité à lancer de nouvelles pépites dans le quinze titulaire: Bundee Aki ou Jocob Stockdale. Ce dernier a été fantastique lors de la tournée d’automne en inscrivant trois essais en deux matchs. Ces trois rencontres ont démontré une nouvelle fois que l’Irlande est quasiment imbattable dans son stade de Dublin. Pourtant, les Irlandais ont eu quelques difficultés à venir à bout des Fidjiens, où seulement trois points les séparaient à la fin du match. On serait curieux de savoir ce qu’aurait pu faire cette équipe d’Irlande face à la Nouvelle-Zélande ou l’Australie.

Italie: la routine

Il y a très peu d’éléments à apporter à cette tournée d’automne pour l’Italie, ne serait-ce que leur triomphe contre les Fidji, qui peut être vu comme un signe de progression. Ensuite, les Italiens ont concurrencé les Argentins jusqu’à la soixantième minute avant de s’écrouler et ont subi une large défaite face à l’Afrique du Sud. Des résultats que les Italiens sont accoutumés à réaliser à chaque tournée de novembre. Tout compte fait, l’Italie patauge et reste à une modeste quatorzième place au classement IRB.

Nouvelle-Zélande: invaincue

Le sélectionneur peut être fier des prestations de son équipe. La Nouvelle-Zélande s’est défaite des pièges comme la France, l’Ecosse et le Pays de Galles. Seule l’Ecosse a posé de réels ennuis aux All Blacks. De plus, cette tournée a permis au sélectionneur, Steve Hansen, d’étoffer l’effectif des All Blacks, en y incluant des joueurs à fort potentiel. C’est notamment le cas de l’ailier Rieko Ioane qui a ébloui de son talent. Dans la presse néo-zélandaise, il est comparé à d’autres légendes du rugby néo-zélandais, à l’image d’Howlett et de Rokocoko. En somme, les All Blacks repartent avec plus de certitudes qu’ils en avaient avant la tournée.

Pays de Galles: mi-figue, mi-raisin

Le bilan est de deux victoires et de deux défaites. Les victoires ont été faces à la Géorgie et à l’Afrique du Sud. Des résultats logiques au vu du classement IRB et des états des formes des équipes (c’est surtout le cas pour l’Afrique du Sud). Par contre, contre des nations plus élevées, les Gallois ont échoué. Même si le Pays de Galles a accroché l’Australie et la Nouvelle-Zélande, l’écart de niveau était flagrant au coup du sifflet final. La satisfaction de cette tournée proviendrait du fait que les Gallois ont dû faire face à de nombreuses blessures (Warburton, Davies, North…). Cette cascade de blessé a permis de renouveler un effectif qui se fait vieux. Trois nouveaux joueurs se sont exprimés à merveille dans cette équipe galloise décimée: Navidi, Evans et Parkes.

 

La prochaine échéance internationale aura lieu au mois de février avec le tournoi des Six Nations.

 

Sources: Rugbyrama, BBC Sport, The Guardian, ESPN

A propos de l'auteur

Jeune et curieux, je m’intéresse à l'ensemble du monde ovale mais surtout aux rencontres internationales. Joueur moi-même, je peaufine actuellement mes qualités rugbystiques et générales à Manchester, dans la région du rugby à treize et du football. Original donc

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