Qui dit automne, dit tests-matchs. En voilà des samedis après-midis et soirs de novembre à scruter des rencontres internationales autour d’un ou plusieurs breuvages. « Up and Under » détaille pour vous les forces et faiblesses des équipes avant le lancement de la tournée de novembre.

 

Afrique du Sud:

Quatre tests pour combien de victoires ? Pour les Sud-Africains, l’équation est simple, s’ils veulent revenir sur le devant de la scène et laver leur lourde défaite face aux All Blacks (57-0), ils se doivent de remporter toutes leurs prochaines rencontres. Pour cela, ils devront faire face dans l’ordre chronologique: à l’Irlande, la France, l’Italie et le Pays de Galles. Ce qui n’est pas une mission aisée. Malgré le non-match face à la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud sort d’une tournée d’été réussie face aux Bleus et d’un Four Nations encourageant. La renaissance de l’Afrique du Sud est symbolisée par le talonneur de 23 ans, Malcom Marx, qui brille par son talent et sa classe mondiale. En dépit de l’instauration des quotas, les Springboks progressent et présenteront un sérieux danger pour les équipes de l’hémisphère Nord.

Angleterre:

Fort de ses nombreux succès sur la scène internationale depuis deux ans, le quinze de la Rose peut partir à l’assaut des nations de l’hémisphère Sud sereinement. L’effectif est cependant légèrement diminué par les blessures de joueurs cadres comme: Billy Vunipola, Jack Nowell, Joe Marler… Mais l’absence des cadres habituels en juin dernier face à l’Argentine, n’a pas empêché l’équipe « bis » de dominer les Pumas sur leur terre (38-34 et 35-25). Cette fois-ci, le quinze de la Rose récupère une partie du contingent présent lors de la tournée des Lions Britanniques et Irlandais: Owen Farrell, Maro Itoje, Elliot Daly… De plus, le calendrier leur est plutôt clément, avec la réception de l’Argentine, de l’Australie et du Samoa. La deuxième rencontre semble tout de même la plus prometteuse des trois. L’Australie, qui reste sur une victoire face à la Nouvelle-Zélande, pourrait jouer des tours au quinze de la Rose. L’Angleterre restera-t-elle invaincue ?

Argentine:

Toujours dangereuse mais jamais victorieuse, l’équipe d’Argentine cherche à redorer son blason cet automne. Bon dernier du dernier Four Nations, défait par l’équipe d’Angleterre « bis » cet été, les Pumas n’affichent pas un bilan favorable avant d’entamer la tournée d’automne. Toutefois, avec une équipe pétrie de talent, elle pourrait surprendre l’Angleterre ou l’Irlande, ou même se faire piéger par l’Italie.

Australie:

Fort de son succès face aux All Blacks au mois dernier, les Wallabies peuvent débuter le mois de novembre sous de bons auspices. Depuis l’arrivée de Michael Cheika en 2014, l’équipe n’a cessé de progresser. Maintenant elle joue les premiers rôles sur la scène internationale. Pour eux, trois grandes rencontres leur permettront de se mesurer aux nations du Nord: le Pays de Galles, l’Angleterre et l’Ecosse dans l’ordre. Chacun des matchs sont à leur portée. Pourtant, il se pourrait qu’ils ne réussissent à ne remporter aucun des tests. Ce qui serait un coup d’arrêt pour cette talentueuse équipe, portée par leur emblématique capitaine et troisième-ligne, Michael Hooper.

Ecosse:

Que nous réserve le quinze de chardon en cette fin d’année ? Capable du meilleur comme du pire, comme cela s’est vu lors des six nations, l’Ecosse pourrait jouer un vilain tour à la Nouvelle-Zélande et à l’Australie. Attention toutefois à ne pas se faire piéger par les Samoa. L’été dernier, les Écossais ont battu les Australiens (34-19), malgré l’absence de certains internationaux, présents avec les Lions. Néanmoins, cela ne les pas empêchaient de s’incliner la semaine d’après, face aux Fidji. Certains cadres sont absents de la tournée, tels que Greig Laidlaw ou Ross Ford et quasiment toute la première ligne sera également absente (Fraser Brown, Alasdair Dickinson…). Selon les propos de l’arrière Stuart Hogg, de nouveaux joueurs devront hausser leur niveau de jeu afin de pouvoir rivaliser avec les plus grandes nations de l’hémisphère Sud.

France:

L’équipe de France a prévu quatre matchs cet automne, dont un singulier en milieu de semaine face aux All Blacks. Ce match ne sera néanmoins pas considéré comme un test-match officiel. Le président de la fédération française de rugby, Bernard Laporte, a prévenu le sélectionneur Guy Novès, il s’attend à trois victoires. L’objectif paraît légèrement présomptueux. D’après un sondage sorti cette semaine des colonnes du site internet de Rugbyrama, seulement neuf pourcents des lecteurs pensent que l’équipe de France attendra cet objectif. De plus, les Bleus présentent un visage mitigé; plusieurs joueurs sont à l’infirmerie (Camille Lopez, Rémy Lamérat, Gaël Fickou, Fulgence Ouedraogo, Virimi Vakatawa…) et de nombreux « bizuths » font leur première apparition en équipe de France (Anthony Belleau, Paul Gabrillagues, Judicaël Cancoriet, Geoffrey Doumayrou…). D’autre part, les Bleus sortent d’une tournée d’été difficile avec trois lourdes défaites contre l’Afrique du Sud (37-14, 37-15 et 35-12). A eux de montrer un autre visage.

Irlande:

Le quinze du trèfle se trouve dans la même situation que l’Angleterre. C’est-à-dire que l’Irlande affronte trois équipes largement à leurs-portée: Afrique du Sud, Fidji et l’Argentine. Pousser par leur victoire l’an dernier sur les All Blacks (40-29), l’Irlande jouit d’une bonne réputation sur la scène mondiale. Le premier test face à l’Afrique du Sud sera certainement le plus disputé des trois. Mais les Irlandais pourront compter sur leur public pour remporter les trois rencontres. De plus, l’équipe est au complet et n’a pas subi de grands changements, hormis les non-sélections d’Andrew Trimble et Tommy Bowe (dans l’objectif de donner du temps de jeu aux néophytes). Le cas de Simon Zebo surprend, car l’arrière/aillier n’a pas été sélectionné, à cause de son probable départ en Top 14. Les Irlandais voient également le retour des Lions Britanniques et Irlandais: Rory Best, Connor Murray, Johny Sexton en tête…

Italie:

La Squadra Azzurra rééditera-t-elle l’exploit de l’année dernière ? Pas si sûr. Comme toujours au mois de novembre, l’Italie cherche à se tester face aux nations du Sud. Mais elle n’est pas assurée d’obtenir des résultats. L’Argentine et l’Afrique du Sud semblent un cran, voire deux au-dessus des Italiens. Néanmoins, l’Italie pourrait se rassurer, ou pas, en battant les Fidji dès leur première rencontre.

Nouvelle-Zélande:

Quatre matchs (la France par deux fois, Ecosse et le Pays de Galles) sont prévus pour assouvir l’ogre néo-zélandais. Vainqueur haut la main du dernier Four Nations, les All Blacks partent favoris pour remporter l’ensemble de leurs matchs. Pourtant, ils ne sont pas aussi invulnérables qu’auparavant. Premier exemple, la Nouvelle-Zélande a été défaite par l’Australie le mois dernier. Deuxième exemple, l’égalité concédé face aux Lions Britanniques et Irlandais lors de leur tournée (une victoire partout et un match nul). Troisième exemple, le revers l’an dernier face aux Irlandais à Chicago. Pour autant, ils ont montré le weekend dernier face aux Barbarians Britanniques (31-22), qu’ils avaient les ressources nécessaires pour se sortir du moindre piège tendu à leur égard.

Pays de Galles:

Australie, Géorgie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, voilà ce qui attend les Gallois. Cette tournée s’annonce corsée. Elle pourrait bien se révéler quitte ou double pour le quinze du poireau. Le sélectionneur Warren Gatland, qui n’a plus conduit les Gallois depuis juin 2016 pour cause de tournée des Lions, revient avec de nouvelles ambitions, celles de rivaliser avec les nations de l’hémisphère Sud. Pour cela, l’équipe du Pays de Galles a organisé cette semaine, un entrainement sans précédent avec l’équipe d’Angleterre. Cette session avait pour but d’évaluer les mêlées et les touches des deux camps, afin de préparer les prochaines échéances dans des conditions optimales. Ce que les médias britanniques ont dénommé: la « bataille de Bristol ». Est-ce que ce sera suffisant pour battre les grandes équipes du Four Nations ? Affaire à suivre.

Les Iles Pacifiques:

Les équipes du Pacifique et plus particulièrement les Samoa traversent une grande crise institutionnelle, comme ils en connaissent tant. Englués dans des soucis financiers, le premier ministre samoan a annoncé que l’équipe de rugby était en faillite. Difficile donc de se concentrer sur l’aspect sportif. Cependant, ils devront tout de même poser quelque tracas à l’Ecosse et à l’Angleterre. En ce qui concerne les Fidji, ils se trouvent dans une situation un peu plus confortable. En effet, il ne serait pas impossible qu’ils battent les Italiens. Tout de fois, cela ne sera pas évident d’en faire de même face à l’Irlande. Leurs adversaires sont prévenus, tout peut arriver avec les Fidjiens. Encore plus depuis qu’ils ont repris du poil de la bête en battant l’Ecosse et l’Italie chez eux au mois de juin. A noter, l’inclusion du deuxième ligne du Racing Métro 92, Leone Nakarawa, qui pourrait faire des dommages dans les défenses adverses. Du côté des Tonga, l’équipe défie les Barbarians, le Japon puis la Roumanie. Elle tentera de décrocher au moins une victoire.

Les autres équipes du « Tier 2 »:

Quand est-il des autres nations du « Tier 2 ». Il ne faut pas les sous-estimer car elles joueront crânement leur chance face à des équipes dites du « Tier 1 ». La Géorgie et le Japan apparaîssent comme les deux nations montantes du rugby mondial. Les deux équipes vont pouvoir se frotter face à de grandes nations rugbystiques telles que, respectivement le Pays de Galles et la France . Les écarts entre les deux camps sont élevés, mais ces nations pourraient jouer les trouble-fêtes. Quant aux autres équipes qui jouent régulièrement la coupe du monde (Canada, Etats-Unis, Roumanie..), elles peaufinent leur préparation à la compétition de 2019 en jouant principalement entre elles.

 

Donc rendez-vous dès ce samedi pour un mois de rugby international, de moustache et d’émotions.

 

Sources: BBC Sport, The Guardian, The Times, Rugbyrama

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