À l’occasion d’une rencontre entre les Maoris All-Blacks et les Lions britanniques et irlandais, Up and Under revient sur l’histoire de ces équipes de rugby atypiques.

 

Les Lions britanniques et irlandais

 

Il s’agit probablement de l’équipe de rugby la plus prestigieuse au monde. Tous les quatre ans, les meilleurs joueurs des Îles britanniques (Angleterre, Ecosse, Irlande et Pays de Galles) sont sélectionnés pour affronter un adversaire de l’hémisphère Sud (Afrique du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande). C’est dans la plus pure tradition britannique, que les Lions partent en tournée dans un ancien pays de l’Empire britannique. La première tournée a eu lieu en…. 1888 et s’est déroulée d’abord en Australie, puis en Nouvelle-Zélande. Depuis 1989, les tournées se produisent tous les quatre ans. Elles sont généralement composées de sept matchs de préparation, plus trois test-matchs face à la nation hôte. Il y a quatre ans, les Lions avaient battu l’Australie sur le score de deux victoires à une. Cette année, ils affrontent la Nouvelle-Zélande pour une rencontre qui s’annonce palpitante. À noter que la France n’a joué qu’une seule fois face aux Lions. C’était en 1989 lors d’une défaite 27-29 au Parc des Princes à Paris.

 

Les Lions victorieux en 2013 face à l’Australie

 

Les Maoris All Blacks

 

Cette équipe a la particularité d’être composée entièrement de joueurs Maoris. C’est-à-dire venant de la Polynésienne autochtone de Nouvelle-Zélande. Comme les Lions, les Maoris All Blacks ont une longue histoire. Dès le 1er décembre 1888, les Maoris jouent leur premier match international face à l’Irlande. Depuis ce match, les Maoris totalisent un bilan positif de 49 victoires, pour cinq matchs nuls et vingt défaites. De grands joueurs comme Liam Messam, Carlos Spencer ou Luke McAlister ont porté les couleurs Maoris.

 

Le Maoris performant un de leur haka: le Timatanga

 

Les Barbarians britanniques

 

Voici une autre équipe qui vit le jour à la fin du XIXème siècle. Les « Baa-Baas », comme le monde rugbystique les surnomme. Pour intégrer cette équipe, il faut recevoir une invitation qui confirme le talent et le comportement exemplaire du joueur. L’équipe porte les couleurs traditionnelles « noire et blanc », mais chaque joueur préserve les chaussettes de son club. Pour participer à un match avec les Barbarians, il ne faut pas nécessairement provenir des Îles britanniques. La preuve, plus de 27 nationalités ont été représentées sur le terrain. Traditionnellement, un seul joueur du groupe n’a jamais été sélectionné par son pays d’origine. La philosophie de cette équipe est simple : plaisir et beau jeu. Créé en 1890, les Baa-Baas ont battu toutes les plus grandes équipes du monde (Angleterre, Afrique du Sud, Australie…), sauf les Lions. À noter que les Français n’ont jamais joué face au Barbarians britanniques. Une période symbolise à elle seule l’esprit Barbarians, celle de 1973, où lors d’une rencontre face aux All Blacks, le Gallois Gareth Edwards marque un essai d’anthologie.

 

 

 

Les Barbarians français

 

Ainsi, sur le même schéma, le Barbarian Football Club (nom officiel) s’est étendu à d’autres pays : France, Australie, Afrique du Sud… Le cas des Barbarians français est plus récent que ses homologues britanniques mais a le mérite d’être signalé. Cette équipe a été fondée en 1977 par les joueurs vainqueurs du Grand Chelem de la même année (Jean-Pierre Rives, Jacques Fouroux et consorts). L’équipe est entièrement composée de joueurs provenant du Top 14. Les Baa-Baas français jouent sous les couleurs bleu ciel, bleu roi et bleu marine. Ils disputent leur premier match en 1980 à Agen face à l’Écosse. Depuis, les Barbarians français se sont même déclinés en équipe de rugby à sept. Le week-end dernier, les Barbarians français rencontraient l’Afrique du Sud A’, pour une tournée de deux matchs.

L’essai d’Antoine Dupont face à l’Australie

 

Les autres Barbarians…

 

Quasiment tous les grands pays rugbystiques ont créé leur propre équipe de Barbarians. C’est le cas des nations de l’hémisphère Sud, où ces équipes ont été fondées bien avant 1977. Les premiers à voir le jour ont été les Barbarians néo-zélandais, en 1937. Ensuite, arrivent les Barbarians australiens en 1957. Enfin, les Barbarians sud-africains sont apparus en 1960. Toutes ces équipes ont été créées par d’anciens joueurs de l’équipe nationale qui voulaient reproduire le même concept. Ces équipes ne jouent qu’à de très rares occasions. Hormis les Barbarians néo-zélandais qui viennent d’affronter les Lions au début de leur tournée. Pour les Australiens, ils ont joué la dernière fois en 2015 contre la Nouvelle-Zélande Heartland XV. Enfin, la dernière fois pour les Sud-africains remonte en 2013. C’était face au Saracens.

 

Les Barbarians sud-africains affrontant les Saracens

 

Les Pacific Islanders

 

Peu d’entre vous ont entendus parler des Pacific Islanders. Logique, ils sont seulement partis trois fois en tournée. La première fois en 2004, la deuxième fois en 2006, puis la dernière fois en 2008. Créée en 2003, l’équipe a pour but de réunir les meilleurs joueurs des îles pacifiques (Fidji, Samoa, Tonga, Îles Cook et Niué). Cela fonctionne sur le modèle des Lions britanniques et irlandais. Généralement, ce sont les trois premiers pays qui composent l’essentiel, voire l’ensemble de l’effectif et de l’encadrement. Les raisons de la constitution des Pacific Islanders sont sportives et économiques. Cela permet aux îles du Pacifique de disposer d’une équipe plus compétitive. L’objectif espéré à terme, était de rejoindre la prestigieuse compétition de l’hémisphère sud : la Tri-nations. Malheureusement, le concept n’a pas fonctionné face aux réticences des nations du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande en tête. C’est bien dommage, car il aurait été plus intéressant sportivement, de rencontrer une équipe des pacifiques plus aguerries. Sur le bilan comptable, les Pacific Islanders n’ont pas marqué sur la scène internationale. Sur 9 test-matchs, ils n’ont décroché qu’une seule victoire, face à l’Italie en 2008.

 

Haka lors de leur dernière tournée en Europe en 2008

Pacific Islanders

 

Finalement, il existe des dizaines d’autres équipes aussi atypiques les unes que les autres. Up and Under n’a conservé que les plus illustres d’entre-elles.

 

Sources : Sport 24, Rugbynistère, BBC sport, Wikipédia

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