L’héritage empoisonné de Monsieur Schuster

 

Si vous avez lu l’article précédent sur l’état du rugby samoan, vous connaissez désormais le nom de Lefau Harry Schuster, ancien vice-président de la fédération Samoane et président de la confédération océanienne jusqu’en janvier 2016, ce qui faisait de lui le représentant des îles du Pacifique auprès de World Rugby.

Son départ avait été réclamé à cor et à cris par les différents rebelles tant de la campagne mondiale de 2011 que ceux de la révolte de 2014.

Ni les uns ni les autres n’auront réussi à avoir sa tête (alors que tous les leaders des différentes frondes contre lui ont perdu la leur au sein de la sélection samoane). C’est finalement une Coupe du Monde 2015 désastreuse qui aura eu raison de lui, même s’il faut craindre de le voir revenir aux affaires s’il est élu premier ministre dans 5 ans comme le pronostiquent les analystes politiques locaux.

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Le débonnaire Lefau Harry Schuster prêt à dialoguer avec ses joueurs (crédit photo : iniinisamoa.com)

 

Si ce départ est une réelle bonne nouvelle, il faut néanmoins le nuancer car depuis, il n’y a plus aucun représentant des 3 « grandes » Îles du Pacifique historiquement (Samoa, Fidji, Tonga) au sein du conseil exécutif de la Confédération Océanienne.

Or cette confédération est la seule entité à avoir une voix (2 pour être précis) au sein du comité de World Rugby pour représenter ces 3 nations historiques quand les Tiers1 en ont toutes 2 chacune (bientôt 3 selon certains critères économiques et politiques comme investir plus de 25M€ et candidater pour l’organisation d’une Coupe du Monde par exemple).

Mais donc, aucune des 3 Îles du Pacifique, qualifiées à chaque Coupe du Monde depuis le passage à 20 équipes (contrairement à la Georgie ou aux USA) n’ont, elles, de voix au sein de World Rugby.

Parmi les Tiers2, aujourd’hui, le Japon, la Georgie mais surtout la Roumanie ou les USA en ont 1 chacun et le Canada, lui, en a même 2…

Car World Rugby a décidé d’accorder des voix à chaque pays qui se qualifierait d’office pour la prochaine Coupe du Monde (donc finissant 3e de sa poule) à partir de 2015. Manque de chance, pour la première fois de l’histoire, aucune des équipes du Pacifique n’a réussi à finir mieux que 4e de sa poule lors de la RWC2015…

Quand le sort s’acharne… Ou les coïncidences malheureuses, pour les plus pessimistes…

 

 

Du concept de réciprocité, vertu de l’amateurisme plus tellement d’actualité

 

De fait, difficile pour les fédérations des Îles du Pacifique (et des autres Tiers2) de se faire entendre.

Que ce soit sur la redistribution des bénéfices de la Coupe du Monde ou la programmation des tests matchs et la répartition des recettes des matchs.

Car c’était bien là aussi un des problèmes soulevés par la menace de boycott des joueurs Samoans en 2014 : ils allaient jouer un match à guichets fermés à Twickenham mais leur fédération n’en retirerait absolument aucun bénéfice. La règle voulant que la nation hôte garde l’intégralité des recettes.

D’où la réciprocité des tournées entre Nord et Sud sur les fenêtres de juin et novembre. Donc la difficulté de supprimer les tournées de juin qui sont réclamées chaque année en France.

 

Petit problème d’éthique cependant : certaines fédérations, fortes de leur notoriété, font payer leur venue désormais (les All Blacks réclament aujourd’hui 2M€ pour jouer et ont provoqué une petite guerre avec la fédération anglaise lorsqu’ils ont demandé 4M€ pour jouer désormais à Twickenham)

Les Petites Nations n’ont évidemment pas la puissance commerciale des All Blacks ou autres Wallabies pour négocier un partage des recettes, elles qui ne disputent, le plus souvent, qu’un match contre des Tiers1 par an, voire aucun…

Mais si les Grandes Nations négocient leur venue, et que cela n’est même plus un secret de polichinelle, qu’est-ce qui empêcherait World Rugby de changer cette règle tacite et de décider que tout test-match doit faire l’objet d’un partage minimal officiel des revenus entre les deux équipes ?

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Richie McCaw et les All Blacks à l’aéroport de Faleolo, Samoa, avec Israel Dagg se demandant ce qu’il fait chez un Tiers2 (crédit photo : Hannah Peters)

De plus, ce système ne fonctionne, donc, que s’il y a réciprocité. Or, c’est très loin d’être le cas pour les Tiers2.

Le tableau ci-dessous résume le nombre de tests joués à domicile par les équipes du Tiers2 (depuis la préparation à la première coupe du monde et sur les 10 dernières années) face à des Tiers1 :

Nations Depuis 1986 Depuis 2006 Match le plus récent
Etats-Unis 21 8 2016       Italie
Canada 18 5 2014       Ecosse
Roumanie 16 1 2006       France
Japon 13 7 2016       Ecosse
Fidji 9 2 2012       Ecosse
Samoa 8 3 2015       Nouvelle Zélande
Uruguay 5 1 2007       Italie
Namibie 5 0 1993       Pays de Galles
Tonga 4 0 2003       Irlande
Georgie 0 0 Personne.     Jamais.
Total 99 27  
Italie (pour comparaison) 77 42 2016       Ecosse et Angleterre

Source : http://www.lassen.co.nz/pickandgo.php

 

Ces équipes pourraient se consoler en se disant que tous les 4 ans, elles se frottent aux meilleurs lors de la Coupe du Monde et que s’il faut en croire l’édition de 2015, les écarts se sont resserrés.

Mais pas encore de quoi faire trembler autrement qu’occasionnellement les 9 mêmes invités pour les 8 places en ¼ de finale.

Car, hormis 2003, chaque coupe du monde a son exploit d’un Tiers2 : le Japon en 2015, les Tonga en 2011, les Fidji en 1987 et 2007, les Samoa en 1991 et 1995.

Et l’Argentine en 1999 et surtout en 2007.

Mais seuls ces derniers ont réussi à passer au statut enviable de Tiers1 grâce à leurs exploits en Coupe du Monde.

 

 

Un nouveau « commerce triangulaire » bien inégal

 

L’ancien international samoan Eliota Fuimaono-Sapolu avait écopé en 2011 de plusieurs mois de suspension pour avoir notamment comparé le traitement des équipes du Pacifique à l’esclavage.

Eliota Sapolu Fuimaono of Samoa leaves an IRB Rugby World Cup 2011 judicial hearing at XXXXX on October 5, 2011 in Auckland, New Zealand. Sapolu Fuimaono was issues with a warning, after he tweeted comments about the IRB and refereeing following his nations loss to Wales on Sunday.

Eliota Sapolu Fuimaono après son audience disciplinaire lors de la Coupe du Monde 2011 : le sens de la formule aussi percutante que ses tampons quand il jouait avec les Manu Samoa. (crédit photo : Planet Rugby)

Si on suit cette analogie provocatrice, force est de constater que le nouveau « commerce triangulaire » mis en place dans le rugby international est bien moins équilibré que le modèle qui alimenta l’Amérique du Nord en esclaves :

  1. Le Pacifique fournit 17% des joueurs professionnels dans le monde aux clubs Européens et aux franchises kiwis et Aussies. Et à leurs équipes nationales également (12 des 20 nations engagées lors de la dernière coupe du monde comportaient au moins un joueur des Iles dans ses rangs).
  2. Ces clubs et équipes nationales développent le rugby et sa popularité pour World Rugby.
  3. World Rugby et les équipes nationales ci-dessus ne donnent rien aux Îles du Pacifique en retour… Ou des mesures et des aides plus proches de la verroterie du XVIIe siècle que du principe de réciprocité qu’on pourrait être en droit d’attendre.

 

Car le grand problème est que si ce sont les équipes du Pacifique qui, depuis 1987, permettent à World Rugby de proposer une Coupe du Monde plus indécise en poules que celle du cousin Treiziste, le partage des bénéfices, lui, se fait en faveur des mêmes 10 nations du Tiers1.

En effet, World Rugby indemnise notamment les fédérations qui ne peuvent accueillir de tests pour cause de Coupe du Monde. Et comme les Tiers2 n’accueille pas de tests, pas d’indemnisation.

Logique implacable. « On ne prête qu’aux riches. » comme on dit.

 

Néanmoins World Rugby a aussi conscience que la présence des 3 Îles du Pacifique à un haut niveau de compétition lors des Coupes du Monde est importante pour que la compétition garde une crédibilité sportive.

D’ailleurs, le parcours de qualification pour la Coupe du Monde 2019 a été taillé sur mesure pour leur permettre de se qualifier sans trop de frayeur normalement. Mais cela ne résoudra pas les problèmes financiers (et donc de sélection que rencontreront toujours ces équipes)

 

Le comité exécutif de World Rugby s’est même rendu aux Fidji cet été pour élaborer un nouveau plan quadriennal pour les Iles du Pacifique. Une première visite historique. Et le fait que World Rugby ait rencontré la PIPA (Pacific Islands Players Association) cet été est un grand pas symbolique en avant.

En effet, jusqu’alors, World Rugby ne s’adressait qu’à l’IRPA (International Rugby Players Association) qui, financé en partie par World Rugby, gère surtout les problèmes des joueurs des Nations Tiers1. Il faut d’ailleurs noter que la PIPA est représentée par un Néo-Zélandais (l’ancien joueur de 7 et des Highlanders Josh Blackie), par manque de moyens des anciens joueurs Iliens pour se déplacer partout dans le monde comme le demande le poste.

 

Lors du précédent plan quadriennal, World Rugby avait investi 33M€ sur 4 ans pour aider ces 3 fédérations. Soit, divisé entre les 3 fédérations, autant que ce que touche une équipe Tiers1 en participant simplement à une Coupe du Monde.

Et ce ne sont que 5M€ (soit un budget de ProD2, ce qui peut donner des envies à l’USAP de présenter une équipe de Catalogne en 2019) qui ont ainsi été investis sur l’année 2016 pour les 3 fédérations.

 

 

Augustin Obi-Wan Pichot, vous êtes notre seul espoir…

 

La seule bonne nouvelle venant de World Rugby : la présence d’Augustin Pichot en tant que vice-président de World Rugby, et qui, lui, a connu les affres de jouer pour un Tiers2. Rappelez-vous ses larmes en 2003 après une défaite de justesse contre l’Irlande, après avoir disputé 4 matchs en 17 jours, demandant à ce que les Argentins soient « juste traités comme les autres Nations » (sous-entendu Tiers1). On est en droit d’espérer qu’il ne les a pas encore oubliées (même si certains esprits chagrins rétorqueront que les Argentins pleurent tout le temps, de toute facon).

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Ausgustin Pichot, vice-président de World Rugby, ancien capitaine des Pumas mais beau gosse avant tout (crédit photo : Presse Sport)

L’ancien capitaine des Pumas aura-t-il la Force de mener ce combat ? Et surtout aura-t-il les mains aussi libres qu’il le voudrait ? Où n’est-il là que pour donner bonne conscience à World Rugby et de faux espoirs aux petites fédérations ?

 

Pourtant les sujets ne manquent pas, notamment :

 

  • Un besoin de plus de matchs de haut niveau. 1 match par an en moyenne contre des Tiers1, pratiquement aucun à domicile, ne permet pas de progresser assez vite. Et rendent les sélections du Pacifique bien moins attrayantes sportivement que celles qui peuvent attendre 3 ans pour intégrer un Ilien en leur sein.

 

  • Une régulation des agents (de joueur mais aussi des clubs). Ben Ryan, ancien coach des Fidji à 7, avait d’ailleurs profité de la médiatisation du titre olympique de ses protégés pour alerter sur ce point, qualifiant le Pacifique de Far West à ce propos.

 

  • Une modification des règles d’éligibilité et notamment la fameuse règle des 3 ans de résidence. Et revenir sur l’interdiction de rejouer pour une autre équipe nationale en autorisant les joueurs avec moins de 10 sélections à pouvoir changer d’équipe nationale.

 

  • Une vraie régulation des Académies de clubs Français dans les Îles du Pacifique (pour l’instant uniquement aux Fidji) qui agissent en dehors de tout cadre réglementaire pour le moment et qui recrutent de plus en plus jeunes les membres de leur académies : 10 collégiens ont déjà été recrutés dont le plus jeune à 14 ans.

 

Plusieurs personnes argueront qu’il s’agit là d’une chance offerte à ces jeunes de devenir professionnels et gagner beaucoup d’argent pour aider ensuite leur famille.

Sur le premier point, le taux de joueurs dans ces académies blessés ou recalés avant d’atteindre l’Auvergne ou le Limousin n’est pas communiqué. C’est beaucoup de sacrifices pour peu d’élus et aucun accompagnement pour ceux qui se retrouvent jetés : sans diplômes, sans formation, parfois gravement blessés, sans avenir. Une si grande chance ?…

Sur le deuxième point, à savoir qu’ils gagneront beaucoup d’argent une fois professionnel, c’est un magnifique cercle vicieux qui nous amène au sujet suivant de revendication :

 

  • Un plus grand contrôle sur les clubs enfreignant la règle 9 et la mise à disponibilité des joueurs pour leur sélection pendant les fenêtres internationales.

 

 

La règle 9 de World Rugby : tout sauf une règle d’or

 

Le problème de l’argent ainsi gagné en signant un contrat en Europe et du non-contrôle de la règle 9 de World Rugby prend tout son sens si on prend la Coupe du Monde comme exemple.

 

Il s’agit de la compétition la plus prestigieuse et tous les joueurs devraient pouvoir y jouer pour leur pays selon leur talent et non leur contrat.

Car contrairement au football, pourtant sport tout aussi anglais à la base, les rugbymen ne sont pas rémunérés par la fédération internationale sur la base de leurs performances sportives lorsqu’ils disputent une Coupe du Monde.

Quand la petite Nouvelle Zélande et la grande Italie s’arrêtèrent toutes deux en poule de la Coupe du Monde de Football 2010, les joueurs des 2 équipes touchèrent autant de la part de la FIFA.

En Rugby, l’Italie et l’Angleterre, sorties en poules, ont, elles, touché 10M€ uniquement sur leur statut de Tiers1, alors que le Japon (qui comptait pourtant plus de victoires) n’a empoché que 200.000€ tout comme les Samoa et les autres Tiers2 éliminés au même stade de la compétition.

 

Si World Rugby adoptait un modèle d’indemnisation des joueurs plus équitable, sur le modèle de la FIFA, cela réduirait d’autant les chances de voir les joueurs des Iles renoncer à leur chance de disputer une Coupe du monde.

Comme il est utopique de penser que les clubs Européens renonceront un jour à leur calendriers démentiels et au concept de doublons, il suffirait que World Rugby interdise à tout joueur sélectionné par une fédération de pouvoir prendre part à une compétition de clubs durant le délai de la Coupe du Monde pour que cessent l’existence des contrats spécifiques proposant 30% ou 40% de plus en cas de retraite internationale.

 

En 2003, la star samoane Trevor Leota (oui, le talonneur cubique blond décoloré) avait préféré rester jouer avec les Wasps plutôt que de jouer la Coupe du Monde 2003 en Australie.

En 2011, Simon Mannix avait révélé (avant de se rétracter) que Jone Qovu et Josh Matavesi avaient été payés par le Racing pour refuser leur sélection à la Coupe du Monde 2011.

Car si les joueurs du Pacifique souhaitent représenter leur pays, comme tous les rugbymen du monde, ils doivent aussi prendre en compte que leur salaire en club est souvent le revenu principal de leur famille, au sens très large (jusqu’à une centaine de personnes), restée au pays.

Difficile dans ces conditions de ne pas être payé pendant 2 mois (préparation et compétition), voire même les 3 semaines que représentent les tests d’automne.

Les clubs Européens qui ne peuvent pas retenir ainsi les joueurs locaux (là, pour le coup, cela ferait scandale…) font preuve de subtilités avec les joueurs de Tier2 : prolongement de contrat ou contrat revu à la hausse, voiture, aide à l’achat d’une maison et autres cadeaux pour décider le joueur à prendre sa retraite internationale et renoncer à son droit de jouer avec sa sélection.

Il arrive aussi que cela manque franchement de subtilité comme ce club japonais faisant signer un contrat à un international Sud-Africain en y écrivant leur exigence qu’il renonce à sa carrière internationale…

 

Récemment, deux des affaires les plus récentes concernant des joueurs Samoans ont été particulièrement révélatrices de ce détournement de la règle 9 :

 

En 2015, le Stade Toulousain a offert à son pilier Census Johnston une extension de contrat de 2 ans s’il renonçait à sa sélection (cette clause étant orale, bien entendue…)

A 34 ans, avec une famille à charge, Johnston a accepté ce deal et annoncé sa retraite internationale.

Mais, alors qu’il était en famille aux Samoa, il fut appelé, suite à une blessure, pour jouer le match historique contre les All Blacks à Apia. Il déclara alors avoir réalisé qu’il n’était finalement pas prêt à abandonner son équipe nationale et s’opposa à son club en participant à la Coupe du Monde en Angleterre.

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Census Johnston, l’homme qui donna sa vocation d’ouvreur à Camille Lopez après le France-Samoa de 2012. (crédit photo : Laurence Griffiths)

Johnston expliqua très bien son choix, qu’il était important d’avoir cette sécurité financière et que si World Rugby fournissait une compensation pendant les matchs internationaux et la Coupe du Monde pour les joueurs du Pacifique, cela changerait tout. Mais Brett Gosper, directeur exécutif de World Rugby, a déjà radicalement rejeté l’idée d’indemniser les joueurs directement durant la Coupe du Monde.

 

Au final, dans cette histoire, c’est Census Johnston qui a réussi à s’opposer à la volonté de son club en faisant respecter ses droits, quel que soit l’accord (illicite) passé entre les deux parties. Comme un salarié qui aurait dû accepter oralement de renoncer à ses congés pour signer un CDI, et décidait de les prendre tout de même, réalisant que cet accord était inique et illégal.

 

Par contre, le dernier cas en date est beaucoup plus problématique : le talonneur samoan de l’UBB, Ole Avei a annoncé qu’il renonçait à sa sélection pour les matchs de novembre 2016, presqu’un mois après avoir été inclus dans le squad « par fidélité au club ». Ce qui est intéressant, c’est qu’il s’agit d’une renonciation ponctuelle dictée par les besoins de son club et non pas  d’une retraite internationale, même si, conscient du caractère illicite de ce refus, le président de l’UBB, laurent Marti, a donné dimanche 6 novembre une rapide interview volontairement floue, laissant entendre qu’Avei prenait en fait sa retraite internationale. Mais le joueur ne l’a pas confirmé à ce jour.

Il s’agit là clairement d’un bras d’honneur majuscule à la règle 9 de World Rugby qui impose aux clubs de laisser les joueurs à la disposition de leur sélection nationale.

 

Rappelons que les règles sont pourtant claires : Aucun club « ne peut, par contrat, conduite ou autrement, inhiber, empêcher décourager, démotiver ou rendre indisponible un quelconque joueur pour une sélection, une présence ou une participation dans une Equipe Nationale » (article 9.3 des règles de World Rugby). Il est même précisé, pour le cas d’Avei, que « tout accord et/ou arrangement entre un joueur et un Organisme ou un Club de Rugby (…) est interdit » (idem)

Mais le même Brett Gosper a annoncé à plusieurs reprises qu’il n’était au courant d’aucun cas où un club avait retenu un joueur. Et pour que ce soit dans le cas de Johnston ou celui, pourtant exemplaire de Avei, World Rugby s’est pour l’instant abstenu de tout commentaire, sans parler d’éventuelle sanction…

 

Et avec la pression des clubs qui augmente, le pouvoir que ceux-ci prennent sur le jeu. Une situation identique au basketball ou au hockey sur glace est à craindre : des sélections nationales amputées de leurs meilleurs joueurs si leurs clubs ne les libèrent pas.

Sauf, bien sûr, pour les sélections du pays des clubs en question.

Car là où l’UBB ne peut pas se passer d’Ole Avei, le Racing va devoir aligner un jeune de son centre de formation au même poste pour cause de sélection de Camille Chat.

 

Tiers2 comme 2 poids, 2 mesures ?…

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