Le tournoi de Paris Sevens s’est achevé il y a une semaine, avec une troisième place pour la France ; comment avez-vous trouvé cette équipe ?

Vincent Deniau : J’ai trouvé l’équipe de France en forme, même si cette saison il y a eu quelques passages un peu difficiles, mais elle se devait de répondre présente pour cet évènement. Cela faisait 10 ans qu’il n’y avait pas eu de World Series à Paris et il fallait être là. J’ai donc trouvé beaucoup d’envie, de sérieux et les résultats ont donc suivis derrière.

 

Et qu’avez-vous pensé de l’ambiance et de l’équipe ?

Vincent Deniau : Pour être honnête, j’ai été étonné qu’il y ait autant de monde, parce que le rugby à 7 est encore méconnu et pas très médiatique. La Fédération a fait un gros travail et on ne peut que les féliciter, parce que le Stade Jean Bouin était plein et juste avant les JO, c’était fantastique. Avoir, de plus cette étape pendant 4 ans à Paris, c’est de bon augure. Ca ne peut aller qu’en s’améliorant, avec encore plus de monde.

 

Pensez-vous que le monde présent, va booster le rugby à 7 en France?

Vincent Deniau : Bien sur, c’est évident ! Une réussite sportive comme celle-là ne peut que donner envie à des jeunes ou au public de s’intéresser plus au 7. Les gens ont pris conscience que le rugby à 7 est un vrai sport à part entière, quelque chose de sérieux, de professionnel, de difficile et d’atypique ; du coup ça a pu donner l’envie à certains jeunes de s’y frotter un peu plus.

 

Pourquoi n’y a-t-il pas de championnat de rugby à 7 en France ?

Vincent Deniau : Ca prendra du temps ; en France, nous avons un championnat, le Top 14, qui est très dense, plus le Tournoi des 6 Nations, plus la coupe d’Europe, plus les tournées… A moyen terme, un championnat à 7 peut se mettre en place, ce qui serait une très bonne chose. Ce n’est pas évident, ça prendra du temps, mais on y arrivera un jour ou l’autre.

 

Depuis votre départ du groupe France, trouvez-vous que beaucoup de choses ont changé dans l’équipe ?

Vincent Deniau : J’ai un regard assez extérieur maintenant, même si je reste toujours en contact avec beaucoup de joueurs et de gens du staff. Mais grâce aux JO de Rio il y a une prise de conscience des joueurs et de la fédération ; c’est très important pour l’image du rugby d’avoir un outil très structuré, donc j’ai vraiment l’impression que de mois en mois et d’année en année, ça va aller en s’améliorant pour devenir quelque chose de solide.

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Etes-vous favorable à l’apport de joueurs du Top 14 ou à construire un groupe plus élargi, de 20 joueurs par exemple ?

Vincent Deniau : Je pense qu’il faut élargir le contrat. Toutes les autres fédérations du rugby à 7 ont environ une trentaine de joueurs disponibles, parce que c’est un championnat qui est long et difficile. L’apport du Top 14 peut être intéressant, mais pour former un joueur à 7, il faut environ une saison. Donc sur un joueur spécifique, ça peut être intéressant d’avoir un joueur du Top 14. Il y en a déjà qui ont une expérience et une préparation spécifique intéressante, mais il ne faut pas oublier que le rugby à 7 est un sport qui reste différent, notamment en terme de stratégie. Le temps d’adaptation ne peut pas se faire en 10 jours.

 

D’après vous, que faut-il faire que l’équipe de France soit dans le top 4 mondial ?

Vincent Deniau : C’est une bonne question ! Je pense qu’il faut continuer à travailler ; c’est un sport qui est difficile et ingrat. La moindre erreur et ça va vite ; on ne se retrouve pas qualifié en Cup, alors que tout a été donné. Cà nous est arrivé souvent dans les dernières saisons. Il ne faut donc rien lâcher et avoir un vrai cycle de confiance. Dans ce cas, c’est toujours plus facile de gagner quelques matchs. De toutes façons, il n’y a que le travail qui paye au bout d’un moment.

 

C’est vrai, mais l’équipe de France a quand même bien fait le yoyo cette année ?

Vincent Deniau : Oui, on a vu 1 ou 2 bons résultats et après des passages vraiment à côté de certains tournois. Donc je pense que d’avoir un minimum de 20 joueurs et de 2 équipes-type, permettrait de gérer la saison. On se rend compte que les saisons sont longues, qu’à certains moments les joueurs sont dans le dur, se blessent, les déplacements sont longs. Donc si on réduit l’effectif, ça peut devenir compliqué : Trop tirer sur la corde, rend les joueurs moins performants et efficaces et les résultats s’en ressentent.

 

Avez-vous été sensible aux paroles de Terry Bouhraoua et de Jean-Claude Skrela sur « l’apport des anciens » à l’équipe de France actuelle ?

Vincent Deniau : Bien sur ! Moi, le rugby à 7 j’en fait à côté du 15 depuis 2003. J’ai eu la chance de faire l’ère Thierry Janeczek et Frédéric Pomarel. Je faisais partie des bases et ça me tenait à cœur d’arrêter le 15 pour me lancer dans le projet du 7 pour vraiment construire quelque chose de solide dans le rugby à 7, qui un sport qui me plaisait et qui a vraiment de l’avenir en France. Donc c’est vraiment touchant d’avoir eu ce petit mot.

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Paul Albaladéjo entraîne depuis peu les filles de l’équipe de France à 7 ; est-ce que ça vous tente d’entraîner ou d’apporter votre expérience ?

Vincent Deniau : Là, j’avais envie de faire une petite coupure. Mais je garde toujours un œil dessus. Paul Albaladéjo a fait ce choix, il a une véritable expérience dans le 7 et il pourra beaucoup apporter. Moi, si je peux apporter mon expérience, ce sera avec grand plaisir.

 

Pour l’instant, la fédération ne vous a rien proposé ?

Vincent Deniau : Non, pour l’instant la fédération ne m’a rien proposé.

 

Et que faites-vous maintenant ?

Vincent Deniau : Je fais une petite pause ; j’ai fait 15 ans de rugby pro et j’avais besoin de me poser un petit peu. J’ai des projets perso et je vais être papa au mois de juin. Mais c’est vrai que c’est difficile de changer de rythme de vie de « sport de tous les jours » à « de temps en temps ». Donc je m’occupe de ma famille et je réfléchis à ma reconversion tranquillement. Je ne resterai pas forcément dans le rugby. J’ai aussi des idées au niveau du rugby et je reviendrai vers la fédération peut-être un peu plus tard pour leur proposer mes services.

 

 

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