Le troisième homme.
Non il ne s’agit d’évoquer ni l’excellent film noir de 1949 (que je vous conseille) ni le fondateur béarnais du MODEM candidat à la Présidentielle de 2007, j’ai nommé François Bayrou.
Non il s’agit simplement d’une réflexion concernant les prochaines échéances de la FFR en décembre 2016 à savoir l’élection d’un nouveau Président.
D’un côté, Pierre Camou, ex banquier et créateur du club de Garazi en 1963 associé à Serge Blanco que l’on ne présente plus.
Face à la pitoyable défaite de ce week-end qui a écœuré plus d’un amoureux du rugby, quelle sera désormais leur légitimité ? Pierre Camou vient d’annoncer qu’il est prêt à mettre en place des contrats fédéraux. Sûrement dans la précipitation mais plus certainement pour contrer l’opposition qui fait son chemin.
Pierre Camou, homme de l’ombre de Bernard Lapasset (son camarade de Mai 68), vice-président de 2000 à 2008 puis Président depuis 2008 a toujours semblé dépassé par les événements lors de sa mandature. Mais c’est un redoutable calculateur à la mémoire sans failles.
Ses méthodes « old school » et sa grande discrétion – un héritage de son ancienne carrière – ne sont plus applicables aux arcanes du rugby professionnel.
Serge Blanco a gravi les échelons de la gestion du rugby français à la vitesse de ses courses de génie. Sa grande réussite, outre dans les affaires, est la création et le développement de la Ligue Nationale de Rugby en 1998, devenue une institution ennemie de la Fédération en raison des priorités de chacune d’elles. Institution dont les mauvaises langues diront qu’il l’aura menée d’une main de fer jusque dans les vestiaires arbitraux et qui aurait profité au Biarritz Olympique. A sa décharge également, sa transparence totale lors de ce fiasco 2015 et son arrivée tel un cheveu sur la soupe au sein du staff de la Coupe du Monde dans un rôle des plus incompréhensibles et dont l’utilité est encore un mystère.
Censé décharger Saint-André de la communication, ce dernier s’est retrouvé seul au front à recevoir flèches et autres munitions de l’Ovalie en furie. Sa tentative de fusion avec l’Aviron Bayonnais est une autre pilule rude à digérer sur la Côte Basque. Le lancement du chantier du Grand Stade à 600 millions d’€ qui a déjà couté 15 millions en étude et cabinets d’architectes est une autre belle toile d’araignée dans le bilan fédéral de l’équipe sortante.
Mais ce duo 100% basque voit venir à l’horizon une opposition en béton qui dérange les plans des instances en place : Bernard Laporte.
Ses résultats de manager de club ou de sélectionneur parlent pour lui puisqu’il a remporté tout ce qui était possible dans l’Hémisphère Nord. L’ombre au tableau serait ses 2 échecs aux portes de la finale de la Coupe du Monde.
Homme de réseau et ancien membre du gouvernement Sarkozy, omniprésent sur les médias particulièrement en cette période, franc du collier, parfois trop, il se revendique l’homme du changement qui veut passer le balai et la serpillère au sein de la Fédération. Sa campagne est déjà lancée avec plusieurs conférences dans divers Comités dont certains ont déjà annoncé leur ralliement.
Se présenter comme homme du changement après avoir gouté goulument au gâteau de la F.F.R. lors de 2 mandats (1999-2003 et 2003-2007) est assez problématique et soulève des interrogations sur la légitimité de cette candidature.
Ces 2 profils ont donc la fréquentation passée ou actuelle de la F.F.R. en point commun.
Les questions qui se posent sont de savoir si le couple Camou / Blanco ou Bernard Laporte se lanceront ils vraiment dans une vaste remise à zéro du système rugby ?
Oseront-ils faire bouger les lignes en rajeunissant les instances dont certains membres sont en place depuis des vingtaines d’années et où chacun protège son petit royaume ?
L’élection de Bernard Laporte si elle apporte un coup de balai et la fin de certains règnes garantit-elle vraiment la fin des privilèges ? Tout soutien apporté n’est pas effectué pour la simple tape amicale ou les atomes crochus. Le donnant donnant est inévitable
Le handball par exemple a su ouvrir sa Ligue… à un ancien rugbyman international : Philippe Bernat Salles.
Un troisième homme ne serait pas de trop pour enrichir le bouquet des prétendants et apporter un vrai bol d’air à notre sport.
Un candidat avec des idées neuves qui ont pu faire leurs preuves dans d’autres disciplines.
Réveillez-moi !!!

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.