Un physique de déménageur couplé à une vitesse (presque) supersonique… L’ailier des All Blacks Julian Savea renverse tout sur son passage depuis le début de la Coupe du monde, au point de tutoyer les records à l’approche des demi-finales.

L’image a fait le tour du monde. A la 38e minute du quart de finale face à la France (62-13), samedi à Cardiff, Julian Savea patiente sur son aile gauche. Il a déjà planté un essai. Pas de doute le ballon va lui parvenir. Il arrive… La partie de quilles commence.

Un premier raffut sur Nakaitaci. Puis une catapulte sur Scott Spedding. Avant le plongeon libérateur. Avec toujours la même philosophie: une envie de tout renverser.

« Je veux atteindre la ligne. Peu importe comment », raconte ce jeune talent âgé de 25 ans. « J’ai faim d’atteindre la ligne, peu importe les obstacles ».

La méthode a des adeptes forcenés à l’intérieur chez les All Blacks. « C’est toujours spécial de voir les arrières avec le ballon et surtout Julian (Savea) renverser tous ces gens pour arriver jusqu’à la ligne », se régale le deuxième ligne Brodie Retallick. « C’est plutôt bon de voir ça ».

Comparé au grand Jonah Lomu pour son jeu physico-rapide, Savea (1,92 m, 108 kg) a déjà largement devancé son illustre aîné. Il a inscrit 38 essais en… 39 sélections sous le maillot des All Blacks. Soit presque un essai par match (0,97) ! « Big Jonah » en avait marqué 37 en… 63 sélections (0,58).

Rendez-vous avec Pietersen

Ces ratios ahurissants devraient lui permettre d’établir de vrais records. Déjà auteur de 8 essais en 4 matches depuis le début du Mondial-2015, Savea (25 ans) a rejoint Lomu (1999) et le Sud-Africain Bryan Habana (2007) au premier rang des marqueurs sur une Coupe du monde. Il dispose désormais de deux matches pour les dépasser.

« Julian commence à avoir beaucoup d’expérience internationale maintenant », souligne le troisième ligne Victor Vito. « De son propre aveu, il était un peu en-dessous de son niveau au début de la saison. Mais c’est un très grand compétiteur et il est redevenu cette bête de compétition que l’on connaît tous, comme on a pu le voir la semaine dernière, vante-t-il encore. C’est un joueur taillé pour les grands matches et on en a vraiment besoin. »

A priori, rentrer dans l’histoire ne semble pas insurmontable pour ce phénomène, qui se joue des records comme des adversaires, avec les All Blacks comme avec les Wellington Hurricanes dans le Super Rugby.

Meilleur marqueur du Mondial des moins de 20 ans en 2010 avec les « Babies Blacks », il a débarqué deux ans plus tard chez les « grands » All Blacks… Avec lesquels il marqua 3 essais dès sa première sélection, face à l’Irlande en juin 2012 à Auckland.

Trois ans plus tard, le voilà donc en piste pour écrire la légende et surtout la perspective d’un titre mondial qui passe par un succès sur les Springboks samedi à Twickenham. Avec pour adversaire direct JP Pietersen, l’un des meilleurs ailiers du monde.

« J’aime bien le voir jouer, souligne Pietersen, habitué à le croiser au gré des annuels « Blacks-Boks ». C’est un sacré client et cela va être un sacré défi ».

Redoute-t-il cet opposant direct à la puissance dévastatrice ? « On vit pour de tels défis », répond Pietersen, auteur lui de 22 essais en 64 sélections. Et « vétéran » de la campagne victorieuse de 2007.

Rendez-vous est pris, samedi à Twickenham.

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

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