Le centre Matt Giteau, qui a profité d’un assouplissement des règles pour revenir en équipe d’Australie, s’apprête à vivre l’un des grands moments de sa carrière; une centième sélection sous le maillot des Wallabies, lors du quart de finale face à l’Ecosse dimanche.

Jusque-là, il profitait des douceurs de la Méditerranée, et de… quelques colères de son entraîneur Bernard Laporte. Depuis son arrivée à Toulon, à l’automne 2011, Matt Giteau, 33 ans, a accumulé quelques trophées (3 Coupes d’Europe, 1 Bouclier de Brennus) mais il avait fait une croix sur le maillot des Wallabies.

Jusqu’à la modification très opportune d’une règle de la Fédération australienne au début de l’année, stipulant que tout joueur australien fort de 60 sélections au moins et ayant été titulaire d’un contrat professionnel durant sept saisons au moins avec une franchise australienne, pouvait être sélectionné avec l’équipe nationale tout en évoluant à l’étranger.

Et voilà comment Matt Giteau et son coéquipier au RC Toulon, Drew Mitchell, ont réintégré les rangs des Wallabies au début de l’été. Bingo pour les deux parties ! Les Wallabies ont remporté le Four nations et sont sortis sans gros dégât de la « poule de la mort » (A) à la Coupe du monde. Alors que Giteau deviendra samedi le 39e joueur à 100 sélections et plus.

Cap’tain Moore aussi

Curieusement, cette étape marquante le renvoie en arrière. Vers ses débuts face à l’Angleterre, pour un test-match à Twickenham en 2002. « Oh, je m’en souviens très bien, raconte-t-il au camp de base de Teddington, à portée de drop du temple du rugby anglais. On avait perdu d’un point (32-31) ».

Puis les détails remontent: « Je suis entré en jeu à huit minutes de la fin. A cette époque-là, (l’entraîneur) Eddie Jones avait un système de notation selon lequel on obtenait un point pour une action positive et on perdait un point pour toute action négative« .

« Je pense, poursuit-il, que ce jour-là, j’avais été le seul à finir avec une note négative. Après ce match, jamais je n’aurais pensé atteindre les 100 sélections. Je ne pensais même pas dépasser… une ».

Treize ans plus tard, il est toujours là. Après avoir traversé des hauts (finale du Mondial-2003 perdue face à l’Angleterre) et des bas; la non-sélection pour le Mondial-2011 qui précipita son départ pour Toulon.

Forcément, la fin approche. « Je me régale », lâche le dernier survivant de 2003. « La façon dont Squeak’s (souris, surnom du talonneur-capitaine Moore) mène le groupe, y compris en dehors du terrain, est vraiment super« .

Clin d’oeil de l’histoire, Stephen Moore, 32 ans, fêtera lui aussi sa 100e sélection dimanche. Mais le leader des Wallabies souhaite que l’équipe soit avant tout focalisée sur le match face aux Ecossais.

« On a l’opportunité de jouer un quart de finale de Coupe du monde et c’est pour cela qu’on joue au rugby, rappelle-t-il. Les distinctions personnelles, ce sont des choses sur lesquelles on s’arrête une fois la carrière terminée ».

Rompez… Les Wallabies et leurs deux centenaires sont prêts pour partir à la conquête d’une troisième couronne mondiale.

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.