Depuis six mois dans les bagages de l’Australie qui joue très gros samedi à Twickenham, l’ancien talonneur des Pumas Mario Ledesma vit l’expérience la plus enrichissante de sa vie d’entraîneur auprès de la mêlée wallabie à laquelle il a redonné des couleurs.

Tout est parti d’une amitié, sincère, avec Michael Cheika, dont Ledesma était l’adjoint au Stade Français lors de la saison 2011-2012.

Quand Cheika, entraîneur en chef des Waratahs vainqueur du Super 15 en 2014, est promu sélectionneur des Wallabies en octobre dernier en remplacement d’Ewen McKenzie, démissionnaire, sa première décision est de débaucher en urgence un spécialiste de la mêlée. Son « huit » venait tout juste d’être martyrisé lors de la tournée d’automne en Angleterre et au pays de Galles, deux adversaires sur sa route cet automne.

Pas besoin d’aller bien loin pour trouver l’homme idoine. « Tout s’est fait naturellement, raconte l’Argentin. Quand j’ai quitté Montpellier (ndlr: novembre 2014), Cheika m’a dit pourquoi tu ne viens pas ?. Je suis parti avec un visa touriste là-bas. La seule un peu inquiète était ma femme car je n’avais pas de boulot ».

Des Waratahs aux Wallabies

Embauché d’abord comme observateur dans la franchise de Sydney, l’ancien talonneur de 42 ans aux 84 sélections et 4 coupes du monde au compteur, séduit rapidement son monde et là, de fil en aiguille, « Cheika m’a dit pourquoi tu ne restes pas plus longtemps ? ».

Mission Coupe du monde, avec les Wallabies, pour l’ancien joueur de Narbonne, Castres et Clermont. « C’est une super aventure, la meilleure expérience que j’aie eue humainement aussi, explique Ledesma. On a une vision complétement différente par rapport au championnat français. Tout le stress, le côté résultat à tout prix, la pression des dirigeants, des entraîneurs qui est transmise aux joueurs aussi, cela n’a rien à voir, c’est très agréable ».

« Il nous a apporté sa philosophie dans le cinq de devant et surtout en mêlée, se félicite Cheika. Il a mis une telle énergie dans ce travail que les joueurs ont vraiment répondu présent. Chez nous, on n’était pas très au point pour les mêlées, les mauls, les choses comme ça, et il est en train de changer la perception des gens, grâce à nos performances ».

« Mario est réellement passionné par les mêlées, c’est bon d’avoir quelqu’un qui a une telle connaissance dans ce secteur, confie le flanker Michael Hooper. C’est une grande personnalité, un nouveau visage, une nouvel accent dans le groupe, un grand apport pour l’équipe ».

Hooper-Pocock, gagnant-gagnant

Le travail du Puma a déjà porté ses fruits; cet été lors du Four Nations remporté par les Australiens avec une mêlée de nouveau à la hauteur des standards internationaux.

Mais aussi quelques innovations, comme la titularisation de trois flankers en 3e ligne contre les Blacks, expérience renouvelée en début de Coupe du monde contre les Fidji (28-13) et qui le sera de nouveau samedi pour le choc décisif contre l’Angleterre dans la fameuse poule de la mort.

« David Pocock et Michael Hooper font partie des deux meilleurs numéros 7 du monde et comme on ne peut pas les faire jouer tous les deux en 7, on les fait jouer en 7 ou en 8, explique Ledesma. Mais avec le boulot qu’ils font, ils vous poussent à les mettre ensemble ».

Un risque face aux Anglais déterminés à ne pas quitter la compétition dès samedi ? « Quand tu fais la balance entre ce qu’ils te donnent et ce qu’ils te coûtent, on est gagnant-gagnant, Il n’y a aucun souci là-dessus. Bien sûr qu’il y a des inconvénients par rapport à ça mais le côté positif dépasse largement le côté négatif ».

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

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