Avec un billet pour les demi-finales de Coupe du monde, l’Argentine récolte déjà les fruits d’un ambitieux plan de développement lancé il y a six ans et destiné à ancrer les Pumas parmi les prétendants au titre mondial.

Dimanche à Twickenham face à l’Australie, les Pumas se tiendront debout face à leur destin, à 80 minutes d’une première finale de Coupe du monde pour le rugby argentin.

Mais en rejoignant le dernier carré, comme en 2007, l’Argentine a déjà réussi sa compétition, posant les jalons pour l’édition 2019, ciblée comme le véritable objectif.

Ce succès puise sa source en février 2009 dans le « Pladar » (Plan de Alto Rendimiento), le programme de haut niveau façonné par la Fédération argentine (UAR) en vue de l’intégration en 2012 de la sélection nationale dans le rugby Championship. Laissée à la porte du Tournoi des six nations en Europe, la UAR avait alors initié un rapprochement avec les géants de l’hémisphère sud, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud et Australie.

Mais il s’agissait aussi de proposer autre chose qu’une opposition de façade à ces trois-là.

Dans un pays où les compétitions de clubs sont encore amateurs, la UAR a alors convaincu l’IRB (futur World Rugby), de subventionner directement et abondamment le développement des équipes nationales, via le Pladar. Ainsi fut créée en 2009 la première équipe professionnelle argentine, les « Pampas XV », intégrée à la « Vodacom Cup », la deuxième compétition sud-africaine.

L’apport des Pampas

Basés à Stellenbosch en Afrique du Sud, les Pampas, dirigés par Daniel Hourcade l’actuel sélectionneur des Pumas, ont rapidement pris leur essor, remportant la Vodacom Cup en 2011.

Cette année-là, une douzaine des Pampas avait été retenue pour la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande et plusieurs des membres de cette équipe forment aujourd’hui encore l’ossature des Pumas pour cette Coupe du monde.

On y retrouve ainsi Leonardo Senatore, le capitaine Agustin Creevy, Mariano Galarza, Martin Landajo, Nicolas Sanchez, Juan Imhoff, Joaquin Tuculet ou encore Nahuel Tetaz, parmi d’autres, tous présents en Angleterre cette année.

C’est aussi à cette époque que le sélectionneur Daniel Hourcade a imposé sa philosophie de jeu, s’appuyant sur les traditionnels points forts argentins, notamment la mêlée, mais en y ajoutant une patte résolument offensive basée sur la conservation du ballon et de l’intensité.

« Les Pampas ont passé beaucoup de temps ensemble, ils ont pu s’entraîner énormément. Durant cette période, nous avons commencé à grandir », se souvient ainsi Daniel Hourcade.

Dans le même temps, les Pumas ont aussi profité de l’expertise d’un consultant de luxe pour stimuler leur croissance: le sélectionneur des All Blacks champions du monde 2011, Graham Henry.

« Il nous a montré comment il fallait s’entraîner pour marquer des essais », résume l’entraîneur-adjoint German Fernandez.

« Le coeur sur la main »

Au chevet de la sélection argentine entre 2012 et 2013, « Graham Henry nous a donné une manière simple de jouer un meilleur rugby », précise Agustin Pichot, ancien capitaine des Pumas et figure influente du rugby argentin. « Il a dit: nous n’allons pas faire cela à la manière All Blacks, mais bien à la manière argentine ».

C’est-à-dire avec beaucoup d’engagement et de vaillance. « Cela fait partie de notre ADN de jouer le coeur sur la main », résume ainsi Hourcade, confiant pour l’avenir. La saison prochaine, l’Argentine aura effectivement une franchise intégrée au championnat des provinces de l’hémisphère sud, le Super 18.

« On aura 30 matches de haut niveau par an », se félicite-t-il.

« Si vous regardez bien, notre pack pour cette Coupe du monde a 21 ou 22 ans de moyenne d’âge. Expliquez moi comment on n’aurait pas une équipe très compétitive dans deux ans », poursuit-il.

« Quand des joueurs comme Julian Montoya (21 ans), Lucas Noguera (23 ans), Pablo Matera (22 ans), Tomas Lavanini (22 ans) auront 30 matches par an, qu’ils gagneront contre des adversaires forts, on sera alors très bien équipé », souligne Hourcade, qui fait plus que jamais de la Coupe du monde 2019 au Japon son défi ultime.

« En 2019, on sera prêt comme jamais », assure-t-il ainsi. La concurence est prévenue.

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

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