En battant le rappel de ses cadres pour affronter le Canada jeudi en Coupe du monde, le manager du XV de France Philippe Saint-André a confirmé les contours de son équipe-type, sauf aux ailesRémy Grosso et Brice Dulin joueront leur va-tout.

La copie poussive rendue par les « coiffeurs » mercredi dernier contre la Roumanie (38-11) n’aura donc pas rebattu grand-chose.

Pour défier le Canada à Milton Keynes jeudi (21H00 françaises), Saint-André a extrait de l’herbage une dizaine de joueurs-cadres, confortablement installés dans l’ossature des Bleus depuis les deux victoires en match de préparation face à l’Angleterre (25-20) et l’Ecosse (19-16) puis lors de l’entrée en matière dans la Coupe du monde face à l’Italie (32-10).

L’idée est de leur redonner du temps de jeu face aux Canucks pour ce match en forme de répétition générale avant le choc décisif contre l’Irlande, le 11 octobre à Cardiff, qui devrait attribuer la 1re place de la poule D et offrir au vainqueur le droit d’éviter les All Blacks en quarts de finale.

La charnière toulonnaise Sébastien Tillous-BordeFrédéric Michalak, la paire de centres Wesley FofanaMathieu Bastareaud, l’arrière Scott Spedding, le cinq de devant composé d’Eddy Ben Arous, Guilhem Guirado, Rabah Slimani, Yoann Maestri et Pascal Papé, le capitaine Thierry Dusautoir et le leader de touche Damien Chouly…tous retrouvent une place dans le XV majeur, sans surprise.

Picamoles et Nakaitaci préservés

Restent deux absents de marque, préservés après avoir dépanné à leur poste contre la Roumanie: le N.8 Louis Picamoles et l’ailier Noa Nakaitaci.

« On a mis Louis au repos car il a enchaîné cinq matches d’affilée avec la préparation. Pour lui et Noa, on a voulu prendre aucun risque », a ainsi souligné PSA.

Finalement, il n’y a donc plus qu’une place vacante, celle laissée libre par le départ de Yoann Huget, ailier incontournable de l’ère Saint-André gravement blessé à un genou face à l’Italie.

Trois joueurs se la disputent. Sofiane Guitoune, auteur d’un doublé contre la Roumanie, ne figure pas sur la feuille de match face au Canada et il semble partir avec un gros temps de retard sur ses concurrents, principalement en raison de carences défensives redhibitoires.

Les deux autres seront sur le terrain jeudi soir à Milton Keynes. D’abord, la surprise Rémy Grosso (26 ans), novice au niveau international et appelé à la suite du forfait de Huget, sans avoir sué lors de la préparation.

« Pour lui, c’est une aventure exceptionnelle », souligne Saint-André. « Il y a quelques semaines il n’aurait jamais pensé à faire une Coupe du monde. Là, il est titulaire. Qu’il se prépare sans trop de pression et qu’il joue le match avec ses qualités. »

La chance de Dulin

Brice Dulin et son pied gauche se tiendra, lui, sur l’aile droite. C’est une nouvelle chance à ce poste pour le Racingman, habituellement arrière mais désormais barré par Scott Spedding pour le N.15. L’encadrement avait lancé une première fois Dulin en N.14, lors d’un match de préparation contre l’Angleterre à Twickenham, mais l’expérience avait été mitigée car Dulin avait été à la peine en défense en première période.

« C’est un grand joueur, ça a été peut-être le meilleur trois-quarts contre la Roumanie », a rassuré Saint-André, qui apprécie les relances et la vivacité de Dulin (25 ans, 21 sél).

« Il a déjà joué ailier et il a de plus en plus d’automatismes car depuis début juillet, il couvre les deux postes d’arrière et ailier », a-t-il poursuivi. « Il a une opportunité d’être de nouveau titulaire et il doit essayer d’amener toute son expérience, son caractère de compétiteur. »

Le banc est, lui, un peu atypique puisque deux troisième ligne « coureurs » y sont assis (Fulgence Ouedraogo et Yannick Nyanga) mais aucun deuxième ligne. Bernard Le Roux, qui débutera comme flanker, montera dans la cage au besoin.

Enfin, pour les autres et sauf blessure, la Coupe du monde pourrait être déjà terminée. Absents de la feuille de match, Uini Atonio et Dimitri Szarzewski sont les grands perdants de cette composition. Retenus pour la circonstance comme remplaçants, Fulgence Ouedraogo et Alexandre Dumoulin, eux, pourraient vivre leurs dernières émotions mondiales.

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

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