Coqueluche du public anglais, l’ancienne star du XIII Sam Burgess a l’occasion de lever les doutes sur sa capacité à évoluer au très haut niveau à XV avec l’Angleterre samedi contre le pays de Galles, pour sa première titularisation en Coupe du monde.

Une sorte de paradoxe entoure Burgess. Chouchou des Anglais qui apprécient autant ses plaquages désintégrants et ses charges dévastatrices que sa belle histoire, celle d’un garçon du Yorkshire (nord-est) devenu vedette mondiale du XIII après avoir été repéré par l’acteur Russell Crowe, il doit encore convaincre anciens internationaux et critiques sur son réel niveau à XV.

Logique néanmoins quand on n’a que 10 mois de pratique à XV, et 112 minutes et trois sélections au niveau international derrière soi.

C’est peu, estiment de nombreux anciens internationaux du XV de la Rose, pour maîtriser parfaitement le placement défensif au poste de centre, où Stuart Lancaster l’a sélectionné pour la Coupe du monde aux dépens du plus expérimenté Luther Burrell.

D’autant que Burgess, âgé de 26 ans, a essentiellement joué troisième ligne avec Bath, où il est arrivé à l’automne uniquement pour disputer la Coupe du monde à domicile après avoir apporté aux South Sydney Rabbitohs leur premier titre national australien (à XIII) depuis 43 ans.

En disputant la finale avec une pommette fracturée, ce qui a plu évidemment au public anglais, par ailleurs touché par l’histoire personnelle de Burgess qui a perdu il y a quelques années son père, lui-même ancien treiziste, d’une longue maladie neurodégénérative.

L’expérience des grands matches

Lancaster ne partage donc pas ces doutes sur le niveau de Burgess (1,93 m, 116 kg), conquis par son impact physique grâce à des capacités physiques hors norme.

Et l’a donc titularisé pour la deuxième fois, après le match de préparation victorieux contre la France en août, sa première sélection, samedi dans le choc face aux Gallois en remplacement de Jonathan Joseph, blessé. Aux côtés de Brad Barritt (1,85 m, 95 kg), il formera une paire de centres inédite et hyper athlétique.

« Il est plus que capable de jouer à ce niveau. Il n’a pas l’expérience internationale à XV, mais il a l’expérience des grands matches. Ma confiance en lui vient de ce qu’il a fait en entrant en jeu » vendredi dernier face aux Fidji (35-11), s’est justifié Lancaster jeudi.

Burgess était aussi présent à cette conférence de presse. Et il s’est logiquement dit « prêt » à débuter après avoir « beaucoup joué ces derniers mois au poste de premier centre ».

Je crois en moi

« Je crois en moi. Je pense avoir le respect de mes coéquipiers et de l’encadrement. Ce sont leurs avis qui comptent. Je ne crois pas en ce que disent les gens mais en Stuart (Lancaster), qui m’a sélectionné. Mon boulot est de faire ce qu’il m’a demandé », a affirmé Burgess.

Le camp gallois croit aussi en lui et le surveillera comme le lait sur le feu samedi à Twickenham où se jouera une partie de la qualification dans la poule A dite « de la mort ».

« Il est important de fermer les espaces à ce type de joueurs. Ce sera un gros défi », a ainsi estimé Rob Howley, entraîneur-adjoint du XV du Poireau.

« J’ai été impressionné lorsqu’il a joué avec Henry (Slade) contre la France (19-14 le 15 août). Il a cette capacité à briser les lignes et une créativité rendant la défense sur lui difficile », a ajouté Howley, qui avait rencontré le phénomène en 2013 en Australie, lorsqu’il était dans l’encadrement des Lions britanniques et irlandais, en tournée « Down Under ».

Depuis, Burgess a parcouru bien plus de chemin que les quelque 20.000 kilomètres séparant l’Australie de l’Angleterre.

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.