Le Racing 92 est confronté depuis plusieurs saisons à d’inquiétantes sautes de motivation auxquelles les entraîneurs comme les joueurs peinent à trouver des réponses satisfaisantes pour nourrir leurs ambitions.

Ils ont déjà usé pas mal de carottes et de bâtons et pourtant, les discours des entraîneurs du Racing 92 après les revers se ressemblent étrangement, mois après mois.

« La déception est envers mes joueurs, qui ont fait preuve de passivité, de naïveté », déplore ainsi Laurent Labit, en charge des arrières, trois jours après une défaite sans saveur à Agen (30-18) lors de la 3e journée de Top 14.

« Suivant les enjeux des matches, les adversaires, le contexte, soit on est capable de réaliser de très belles choses, soit on est totalement absent. C’est un gros problème sur lequel on essaye de travailler, de comprendre », poursuit encore le technicien, perplexe face à cette inconstance chronique.

En effet, comment expliquer que ce Racing aille s’imposer à Toulon lors de la première journée (27-22) mais que son spectre renverse péniblement La Rochelle (20-19) une semaine plus tard, puis s’incline à Agen?

Ramener un esprit club

« Ca nous touche tous de faire des prestations comme ça, ce n’est pas digne d’un club comme le Racing », abonde le demi de mêlée et capitaine Maxime Machenaud.

« On cherche des solutions, à prendre conscience qu’on ne peut pas faire des performances à 18/20 et d’autres à 5/20 », renchérit-il en écho à son entraîneur.

Pour Laurent Labit et Laurent Travers, arrivés dans les Hauts-de-Seine à l’aube de la saison 2013-2014, c’est un grand mystère. Armés de la carte bleue du président Jacky Lorenzetti, ils ont pu faire de prestigieuses emplettes, comme Jonathan Sexton ou Jamie Roberts, dont le rayonnement a été (très) décevant, malgré leur réputation de compétiteurs-nés.

« On a vu sur les deux premières saisons des joueurs centrés essentiellement sur leurs sélections nationales », résume Labit. « On veut essayer de ramener un esprit club. Mais c’est peut-être plus dur ici qu’ailleurs », admet-il.

Entraîneurs à Montauban puis à Castres, Labit et Travers y disposaient en effet du levier exercé par les supporters pour recentrer leurs joueurs.

« Quand vous perdez comme ce week-end à Agen, le joueur évite de trop se promener en ville », raconte ainsi Labit. « S’il y va, il est sûr de tomber sur quelqu’un qui était au match et qui lui expliquera qu’il a payé son abonnement, qu’il a dû faire un trajet en bus, qu’il n’est pas content. Le joueur, ça le fait réfléchir. »

Au Racing, c’est plutôt l’anonymat francilien qui prévaut et les techniciens doivent s’en remettre à d’autres moyens pour garder les troupes sous pression.

Transmission et partage

« Nos ficelles, c’est d’abord la concurrence », souligne ainsi Labit… tout en déplorant ne pas pouvoir l’utiliser en raison de l’absence d’une grosse quinzaine de joueurs, retenus pour la Coupe du monde. « On est sur la corde raide au niveau de l’effectif, alors qu’on aimerait pouvoir un peu plus remettre en question certains joueurs. »

Du coup, les Ciel et Blanc vont prendre leur mal en patience en misant sur l’apport positif des nouveaux venus attendus après le Mondial, Rémi Tales, Yannick Nyanga et la star des All Blacks Dan Carter.

« On a recruté des joueurs avec de l’expérience et de l’état d’esprit, pour amener des choses quand ils sont sur le terrain mais aussi quand ils n’y sont pas », appuie Labit, qui attend d’eux « transmission et partage ».

Surtout, les entraîneurs espèrent enfin une prise de conscience à tous les niveaux, pour décrocher un premier titre.

« Je travaille avec quelqu’un qui m’aide à éclairer les entretiens que l’on peut avoir avec les joueurs, les briefings », développe Labit.

« Après, l’aide dont peut bénéficier un joueur, c’est un préparateur mental, mais ça doit être une démarche personnelle. On en a discuté bien sûr avec certains… Les joueurs se rendent bien compte qu’il y a quelque chose qui cloche à ce niveau-là », admet-il. Reste à enfin agir.

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

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