L’ancien international Abdelatif Benazzi, nommé manager de Montpellier en début de saison, a estimé jeudi que le club avait « les moyens pour jouer les premiers rôles« , à deux jours de recevoir le Stade Français, champion de France en titre, samedi à l’Altrad Stadium.

Pourquoi avez-vous mis douze ans, après votre carrière de joueur, avant de prendre des responsabilités dans le rugby ?

« Je voulais dans un premier temps respirer, me prouver que je pouvais mettre mon énergie dans d’autres domaines. J’ai rencontré le président Altrad par le biais de ces activités professionnelles, mais aussi humanitaires. L’an passé, tout s’est accéléré jusqu’à ce que M. Altrad me demande d’accompagner Jake White dans le nouvel élan qu’il veut pour Montpellier. La volonté de réussir du président, la ville de Montpellier qui est une grande métropole, la compétence dans le club, avec un entraîneur champion du monde : un tel challenge incite à revenir à 100% dans le rugby et à mener à bien ce beau projet. J’ai beaucoup discuté avec Jake White pour déterminer ses besoins, éclaircir nos missions, définir le confort nécessaire à sa réussite sur le plan sportif et définir une relation avec la direction. En clair, pour ne pas avoir d’excuses extrasportives au rendement de l’équipe. »

Quel est votre rôle ?

« Je suis le garant d’un état d’esprit. Le président, qui n’est pas toujours là, a besoin d’un relais pour être connecté à la réalité. Je suis là pour être un lien entre la direction et le sportif. Je veux que les acteurs puissent penser uniquement à leur performance. »

Quel regard portez-vous sur la saison passée ?

La saison passée a été une chance pour Montpellier. Le club avait vécu une transformation rapide, due à la qualité de (Fabien) Galthié, qui a même surpris le rugby professionnel, mais la saison a révélé la fragilité de certaines fondations. Des bases à revoir pour que le club ait une ambition pérenne. »

Quels objectifs sportifs avez-vous fixés ?

« Jake White, qui est un gagneur, vise une place dans le Top 4, dès cette saison si possible. Le club a mis les moyens financiers et humains pour jouer les premiers rôles. Nous avons la capacité de le faire. Tout est réuni. »

Quelle est la stratégie du club à moyen terme, jusqu’en 2019 ?

« La transformation du club, grâce à certains mécènes et collectivités territoriales, ne peut pas durer dans le temps si on n’a pas une approche entrepreneuriale. Lors d’un séminaire, le président a expliqué cette ambition aux joueurs. Le club veut se transformer en grande entreprise de spectacle, capable de générer ses propres finances. Je suis assez fier d’être avec un homme visionnaire, gestionnaire et humaniste. Il peut servir Montpellier, mais aussi le rugby français. »

Vous parlez de sport spectacle. Le style de jeu de Jake White y est-il adapté ?

« On va être surpris. J’adore la mixité entre la rigueur sud-africaine, son goût du combat, et la créativité australienne de Scott (Wisemantel, l’entraîneur des arrières, NDLR). On ne peut plus fonctionner sans cette diversité des savoir-faire qui a même surpris les joueurs. Dans le rugby moderne, on ne peut plus gagner sans dynamisme, sans vitesse, sans rapidité de passe, sans une technique individuelle irréprochable. »

François Trinh-Duc et Fulgence Ouedraogo arrivent en fin de contrat au terme de la saison. Quelle est votre attente à leur sujet ?

« Enfants de Montpellier, ils représentent le club. Ils devront sentir que le club a pris une nouvelle dimension pour les inciter à continuer avec nous. C’est en tout cas mon désir. »

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

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