Le Stade Français est revenu au sommet du rugby français en étouffant une équipe de Clermont (12-6) décidément maudite samedi au Stade de France en finale de Top 14.

Huit ans après le dernier Bouclier de Brennus, déjà conquis face à Clermont, et après des saisons de décadence, de galère et de reconstruction, le Stade Français, équipe phare de la fin des années 90 et des années 2000, est de retour, avec un 14e titre de champion de France.

Quatrième de la saison régulière, le club parisien a survolé cette phase finale du Top 14, balayant le Racing-Métro (38-15) en barrages puis le tenant du titre Toulon (33-16) en demies.

Si l’on n’a pas retrouvé le même grain de folie offensif samedi soir, ce titre récompense une équipe joueuse, aimanté par les promesses du large mais d’abord assise sur une conquête solide et un rideau de fer en défense.

Du côté de Clermont, comment ne pas invoquer la malédiction des finales ? Les Auvergnats butent en effet pour la 11e fois de leur histoire sur la dernière marche du championnat, pour un seul titre en 2010, un mois après s’être inclinés en finale de Coupe d’Europe (24-18) face à Toulon, comme en 2013.

Menés 9-0 au bout d’une demi-heure de jeu, les partenaires d’Aurélien Rougerie ont ensuite tout donné pour revenir.

Au final, Clermont a payé comptant son indiscipline chronique (9 pénalités déjà sifflées à la pause) mais aussi les échecs de ses buteurs Morgan Parra (0/2) et Brock James (1/2).

Dominé en seconde période, le Stade Français a tenu une demi-heure jusqu’à ce que Morné Steyn, auteur des 12 points au pied de l’équipe, ne scelle le succès à la sirène.

Les déclarations :

Julien Pierre (deuxième ligne Clermont) : Je ressens beaucoup de déception, de tristesse, de colère aussi. Comme je disais cela aurait pu être une saisons extraordinaire, inoubliable, malheureusement c’est deux finales perdues. Ce qui a manqué ? Comme à chaque fois, peut-être pas grand chose. J’ai l’impression qu’on est dedans tout le match : dans l’engagement, l’agressivité. A la 60e on aurait pu vrament faire basculer le match… mais on n’arrive pas à marquer, voilà c’est dur.

Raphaël Lakafia, 3e ligne du Stade Français: « C’était une magnifique finale, je suis super heureux. Franchement, je n’en reviens pas encore. J’ai l’impression qu’il y a un match qui nous attend la semaine prochaine, que demain Gonzalo (Quesada, l’entraîneur) va nous dire qu’il faut aller au stade, que lundi il y a vidéo… Mais non, c’est fini, on est champion ! C’est dur à réaliser. C’est une telle fierté, j’ai beaucoup de choses qui reviennent en tête, les sacrifices que j’ai faits pour en arriver là, pour toucher ce Bouclier. Donc quand il passe à côté, on n’a plus envie de le lâcher. »

Gonzalo Quesada (manager du Stade Français): « J’avoue que c’est tombé d’un coup au coup de sifflet final. On savait qu’on prenait un petit risque en mettant l’équipe qui avait joué les deux derniers matches. On était un peu usé. On savait qu’on allait avoir du mal à finir le match, donc j’avoue que sur le dernier quart d’heure… Je savais que les Clermontois revenaient bien, qu’on avait du mal en touche… On n’arrivait pas à tenir le ballon, on déjouait un peu, et l’écart était si petit que tout est tombé d’un coup. C’est énorme. »

Antoine Burban (troisième ligne du Stade Français) : « Je pense qu’on va se rendre compte du titre tout à l’heure dans le vestiaire quand on va se retrouver calmement, voir tout le monde sauter de joie, sa famille, ses amis. C’est mon deuxième bouclier, mais le premier en démarrant une finale titulaire, c’est une saveur un peu différente je l’avoue. On est rugbyman, c’est très dur mais si on fait ça, +en chier+ par moments l’hiver quand on fait du physique c’est pour ces moments-là. On en rêve, on savait qu’en étant dans les six barragistes tout pouvait arriver, on l’a prouvé en faisant trois bons matches, les deux précédents étaient peut être plus aboutis mais il y a la victoire au bout, c’est beau. »

Franck Azéma (manager de Clermont): « La déception prime forcément. Parce que je n’ai rien à reprocher aux joueurs sur leur match, l’engagement qu’ils y ont mis. Le sport de haut niveau n’est pas toujours juste. Certes le Stade Français a fait un bon match, mais on a rendu le change. On meurt à trois points, on laisse passer une ou deux opportunités, on perd une ou deux touches… C’est à ça que ça se joue. Ce n’est pas la fatalité, non. »

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

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