Après un début d’exercice chaotique, plombé par les blessures et les doutes, le Stade Toulousain a connu une phase retour canon pour s’offrir un barrage à domicile samedi face à Oyonnax, dont il se méfie. Retour sur une saison mouvementée.

La pire série depuis plus de cinquante ans

Cinq défaites d’affilée, du jamais vu depuis 1962! Décimé par les blessures et les absences en première ligne (Johnston, Ferreira, Steenkamp) ou au poste de troisième ligne centre (Picamoles, Galan, Harinordoquy), le Stade Toulousain s’effondre à la fin de l’été, tombant même dans la zone rouge le temps d’une journée, au soir de sa défaite à Bayonne (35-19) le 26 septembre.

Une série noire qui plonge les Rouge et Noir dans le doute, après deux saisons sans titres et une élimination l’an dernier en barrage à domicile par le Racing (16-21) qui a privé le club le plus titré de France (19 Brennus) du dernier carré pour la première fois depuis vingt ans.

Et qui sera pour beaucoup dans l’explosion au grand jour, en décembre, des tensions entre les dirigeants.

De l’art du redressement

Blessés, les hommes de Guy Novès, grand remobilisateur s’il en est, ne vont pas tarder à recommencer à mordre. En particulier loin de leurs bases où ils comptent au total cinq succès cette saison alors qu’ils avaient eu un mal fou à s’exporter lors du précédent exercice, avec une seule victoire chez la lanterne rouge Biarritz.

Éliminés précocement en Coupe d’Europe, un mal pour un bien, les Toulousains vont signer leur match référence là où pas grand monde ne les attendait: dans un Vélodrome bondé, ils s’offrent le scalp de Toulon (34-24) en remontant un retard de 18 points le 28 mars avant d’aller chercher à Jean-Bouin, moins d’un mois plus tard, celui du Stade Français (21-12).

« On a eu une saison compliquée mais le groupe n’a jamais rien lâché. Qu’on soit dans les hauts ou les bas, l’équipe a continué à bosser, à rester très soudée avec le staff et ça a commencé à payer sur la fin de saison », estime le centre Yann David.

Un rebond qui a fait boire du petit-lait à Novès. « On est un peu comme depuis 22 ans, systématiquement là », rétorquait-il après la victoire ponctuée de neuf essais face à Brive (67-19) le 9 mai.

Attention au Petit Poucet

Alors qu' »Oyo » arrive samedi à Toulouse pour le premier match de phase finale de son histoire, le manager des Rouge et Noir ne veut pas entendre parler de la fable de l’Ogre et du Petit Poucet.

« Comme chaque année, il y a toujours un favori, ça ne veut rien dire pour moi. Il y aura un match très dur avec en face vingt-trois mecs surmotivés et par expérience, les matchs où il semblait qu’on avait plus d’expérience que l’adversaire, on les a perdus », met en garde Novès.

D’autant plus que Christophe Urios et ses Oyomen, qui sont allés battre le Stade Français, le Racing et Clermont chez eux cette saison, ont bien failli gagner à Ernest-Wallon lors de la première journée (20-19) et que Toulouse a perdu son pilier droit Census Jonhston, exclu samedi face à Bordeaux-Bègles (23-22) pour un coup de poing sur Met Talebula.

« C’est un énorme coup dur, on se retrouve un peu dans la même configuration (qu’en début de saison) et en plus on tombe sur une équipe qui fait de la mêlée un élément déterminant de sa réussite », regrette Novès.

Le mot d’ordre sera donc attention danger… Le deuxième ligne Patricio Albacete insiste ainsi: « Il faut qu’on se rappelle d’où on sort. »

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

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