Venu à Toulon pour gagner des titres, le discret arrière gallois Leigh Halfpenny n’a pas attendu bien longtemps pour atteindre son but, devenant champion d’Europe pour sa première saison dans le Var, où il a rapidement conquis coéquipiers et entraîneurs.

« Gagner ce titre était l’un de mes objectifs personnels et c’est un grand privilège d’avoir participé à ce triplé historique qui marque l’histoire du club », reconnaît avant la réception d’Oyonnax en Top 14 samedi le Gallois de 26 ans, en choisissant soigneusement chaque mot.

Pour l’international aux soixante sélections, l’émotion procurée par la conquête de ce Graal européen est aussi forte que le Grand Chelem 2012 décroché avec le pays de Galles. « Que ce soit avec l’une ou avec l’autre équipe, gagner et réussir le but que tu t’étais fixé en début de saison procure le même plaisir », estime-t-il.

Pas étonnant alors de le voir exulter et brandir le trophée continental samedi dernier lors du tour d’honneur offert au public de Mayol après la victoire face à Castres (37-21).

D’un naturel réservé, Halfpenny a alors semblé sortir de sa coquille. Enfin libéré. « Oui, c’est vrai. Vous savez, on travaille très dur tout au long de la saison et quand vous avez le sentiment que tout ce travail paye, vous avez juste envie de profiter de ces moments-là. Samedi, j’étais heureux d’être sur le terrain avec les copains. J’ai pris plaisir à présenter la coupe aux supporteurs et vivre à fond ce moment. »

Quatorze matches au compteur

A l’instar de son ouverture aux autres, Halfpenny a connu une saison sportive ascensionnelle. Entre une blessure aux adducteurs qui l’a privé du début de saison, les contraintes de la sélection et deux commotions cérébrales, il a eu peu d’occasions de convaincre dans le jeu.

S’il n’affiche que quatorze matches au compteur (7 en Top 14 et 7 en Coupe d’Europe), son travail individuel mené mois après mois avec Jonny Wilkinson a toutefois porté ses fruits.

L’ancien buteur anglais du RCT, désormais conseiller du club, s’est bien gardé de modifier le geste et la routine du Lion britannique et irlandais, bien rodés, mais le travail de skills (ateliers techniques) a bonifié un joueur déjà réputé pour son timing et son aisance technique.

« J’adore travailler avec Jonny, explique Halfpenny. Il m’a fait énormément travailler mon jeu du pied gauche, ma passe côté gauche mais aussi la passe après contact. J’ai fait pas mal d’heures supplémentaires pour m’améliorer. Il m’a fait progresser aussi bien dans mon jeu avec ballon que dans l’agilité. »

Dans l’esprit et les coeurs de ses coéquipiers, il a aussi remplacé Wilkinson au pied levé. Pour ses nombreuses heures passées en salle de musculation et sur le terrain d’entraînement, comme pour sa régularité face aux perches. « Avec lui, c’est comme avec Jonny. Quand il tape une pénalité, toute l’équipe se sent en confiance », glisse ainsi l’Australien Matt Giteau.

Adulé par ses coéquipiers et ses entraîneurs, le timide Gallois est donc en train de réussir sa greffe française, là où ses compatriotes Dan Lydiate et Jamie Roberts ont échoué.

« Je ne saurais pas l’expliquer. Je me suis efforcé de m’imprégner de cette nouvelle culture et de venir tous les jours à l’entraînement en m’efforçant de devenir un meilleur joueur. » Sans faire de vagues. Comme à son habitude.

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

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