En gros danger l’un et l’autre, Brive (12e, 48 pts) et Bayonne (13e, 47 pts) n’ont rien négligé pour préparer au mieux leur lutte à distance, sans merci, sans calcul pour simplement sauver leur tête samedi en Top 14.

La Rochelle, adversaire en roue libre de Bayonne, et le Stade Français, celui de Brive encore concerné par un strapontin direct en demi-finales, sont prévenus: c’est la « guerre » qui les attend ce samedi à Jean-Dauger et au Stadium, annoncés combles pour l’occasion.

La guerre des points, avec une quête de bonus offensif assumée de chaque côté (Bayonne en a décroché quatre cette saison, Brive deux)suit une guerre des mots plutôt bon enfant cette semaine.

La guerre des ondes aussi, en bord de terrain, pour savoir ce que le rival sera en train de faire, avec une oreille du côté de Lyon, où Grenoble (11e, 52 pts), troisième larron également en lice pour la descente (les Isérois descendraient en cas d’égalité à trois) tentera de grappiller le point nécessaire pour rester dans l’élite.

Autre élément de contexte primordial, la sempiternelle rumeur de fusion Bayonne-Biarritz qui a mis en émoi tout le Pays Basque, ravivant la passion, les tensions, les querelles avec une fronde de supporteurs déterminés, loin de jouer l’apaisement et le soutien exigés en pareilles circonstances.

#TousGaillards

Du coup, les hommes du manageur argentin Pato Noriega ont filé pendant deux jours en stage à Capbreton (Landes), au vert, au calme, car « c’était mieux pour nous pour cibler la préparation, la précision et la concentration », a-t-il indiqué.

Le 3e ligne aile Jean Monribot acquiesce: « Se retrouver entre nous, vivre en dehors du rectangle vert, c’était important de sortir de l’enceinte, des gens. La pression, on l’a, mais il faut se sortir de tout cela. On est des humains, il faut rigoler ».

En Corrèze, la mobilisation a été générale, sans fausse note. Unie derrière le slogan #TousGaillards, la ville a viré noir et blanc, les couleurs du CABCL, dans les vitrines des commerçants, sur les monuments municipaux, partout, comme pour une finale… même si ce n’est que celle du maintien.

« Nous avons eu la surprise de voir les messages des habitants affichés dans les vestiaires cette semaine, nous ne voulons pas les décevoir », assure le manageur Nicolas Godignon. « On veut des fous furieux dans les tribunes, pour qu’ils nous envoient derrière la ligne », exhorte le talonneur François Da Ros, ancien de l’Aviron.

A la muerte

Si l’on se réfère aux dernières saisons, ce n’est pas une surprise de retrouver ces deux équipes en si mauvaise posture. A force de tourner autour depuis des années, les Basques, au budget en baisse conséquente (de 18,14 millions d’euros en 2013 à 15,76 millions d’euros cette saison), sans victoire hors de leur base, sont même des habitués de ces fins d’exercice « a la muerte ».

Pour les Corréziens, déjà tombés en 2012, mais qui ont leur destin en mains, il manque à coup sûr ces petits points de bonus défensifs, qu’en équipe réputée accrocheuse, elle savait ramener ici et là de ses déplacements et qui lui permettaient de vivre plus sereinement les précédentes dernières lignes droites.

80 minutes pour survivre, tel est l’enjeu de cette dernière: « Jouer une saison sur un match, ça fait bizarre, reconnaît le centre Arnaud Mignardi. Mais en même temps, on est tous excités par l’évènement. On sait ce qu’il y a à faire, qu’avec cinq points le maintien est assuré. Si Paris veut chercher des points, il faudra leur faire comprendre que ce n’est pas à Brive qu’ils les trouveront ».

Plus au sud, les mots diffèrent peu: « Face à La Rochelle, ce sera un match assez dur pour nous, estime Monribot. A nous de bien le construire, faire les choses étape par étape, sans s’affoler, sans penser d’entrée au bonus offensif ».

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

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