A quatre jours d’un barrage historique de Top 14 contre le Stade toulousain samedi en Haute-Garonne, Oyonnax se pare de rouge et de noir pour ses « Oyomen », fierté de cette ville industrieuse du nord de l’Ain.

Depuis plusieurs années, la montée en puissance de l’équipe, 6e de la saison régulière, est un catalyseur pour tout un bassin économiquement centré sur ses 600 entreprises de plasturgie, et plus encore depuis l’accession à l’élite, il y a deux ans.

« Il y a un engouement extraordinaire, comparable aux phases finales que nous avions jouées il y a deux ans en ProD2 quand nous étions montés. Il y a quelques années, nous ne nous imaginions même pas en Top 14, et les disputer, c’était atteindre déjà notre paradis », explique Frédéric Borthot, président du Pôle du commerce de la Plastics Vallée, dont le site internet présente, sur sa page d’accueil, une photo des « Oyomen ».

« Au fond, peu importe le niveau quand on est qualifié pour quelque chose. Les phases finales, c’est l’aboutissement d’une saison. Cela crée une vraie dynamique », poursuit-il.

Tous les commerces d’Oyonnax commençaient mercredi à décorer leurs vitrines de rouge et noir, les couleurs du club, « afin de montrer le soutien de toute la population » aux joueurs. Depuis plusieurs semaines déjà, comme pour un 14 juillet, la ville a aussi paré de guirlandes aux couleurs du club les 800 mètres de la rue Anatole-France, son artère principale.

La Ville s’est même entendue en début de semaine avec les dirigeants de l’USO pour participer au financement des trois cars de supporteurs qui rallieront Toulouse, soit 150 personnes sur les 2.000 attendues au Stadium.

Oyo, ville morte samedi après-midi

Les élus, quant à eux, à l’exception sans doute du maire Michel Perraud (UMP) retenu par des manifestations locales, se joindront aux partenaires du club dans un avion affrété spécialement par l’USO. Le club a également commercialisé un T-shirt collector, blanc, floqué en rouge et noir d’un « merci à nos Oyomen pour cette saison ».

Parmi ceux qui ne feront pas le déplacement, un millier de supporteurs sont attendus samedi au club-house du stade Charles-Mathon, comme pour chaque match de championnat.

Mais c’est tout « Oyo » qui devrait prendre des allures de ville morte le temps de la rencontre, en fin d’après-midi, tant le coeur de cette cité de 23.000 habitants bat pour son équipe de rugby dont le succès dope son image.

« Maintenant, les gens savent où est Oyonnax », se félicite Pierre-Yves Prigent, chef de cabinet du maire. « Le lundi, on sent bien si l’équipe a gagné ou non durant le weekend. C’est un vrai catalyseur, et pour chaque match phare nous faisons en sorte d’organiser une animation », explique-t-il.

« C’est un vecteur de communication assez fort grâce aux résultats mais aussi par la manière dont ils sont obtenus », se réjouit aussi Julien Gaudry, chargé de communication.

« Ici, ce sont les valeurs du travail qui sont mises en avant. Il n’y a pas de côté bling-bling », ajoute-t-il, évoquant « un effet loupe » du rugby sur le bassin économique, qui permet des rencontres entre industriels et partenaires, et « un cercle vertueux pour les collectivités, l’agglomération et les entreprises ».

Qui devrait s’amplifier encore, la saison prochaine, grâce à la participation du club à la Coupe d’Europe.

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

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