Coéquipiers à l’époque du grand Stade Français, puis co-entraîneurs à une période moins faste, Christophe Laussucq et David Auradou ont réuni de nouveau leurs compétences avec succès du côté de Mont-de-Marsan, opposé à Agen dimanche en finale d’accession au Top 14.

Ne leur parlez surtout pas de revanche, ils vous enverront à dix mètres, si ce n’est plus. Eux préfèrent vivre intensément l’instant présent, cette douce folie gasconne qui s’éveille tous les trois-quatre ans (2008, 2012), à chaque présence des « paysans » Jaune et Noir à la phase finale d’accession.

Ici, au pays du poulet fermier, on est loin des paillettes qui ont émaillé leur parcours de joueurs dans la capitale. Quatre années communes sur le pré de l’ancien stade Jean-Bouin (1997 à 2001) ponctuées par deux titres de champion (1998 et 2000), une Coupe de France (1999) et une finale européenne perdue face à Leicester (2001).

Puis des retrouvailles, sur le banc cette fois, en 2012, pour redorer le lustre d’un club qui leur a tant donné, avant de leur couper le sifflet au bout d’une saison manquée (10e du Top 14, finaliste du Challenge européen).

« On n’a pas de revanche à prendre sur ce qui est arrivé à Paris, bougonne Laussucq. Il y a eu des choix qui ont été faits. Moi, je n’ai jamais été viré. David a eu des moments encore plus durs que moi, lui a été viré du Stade Français, c’était vraiment injuste. Moi je suis parti, je n’ai pas eu la même déception que lui. Alors aujourd’hui, je suis très heureux pour lui car il le mérite. »

Interrogé à son tour sur ce retour sur le devant de la scène, le grand « Bibi » Auradou sourit: « Ca fait plaisir. Mais on n’oublie rien du tout. On construit ». Avec la science du jeu d’avants de l’un (Auradou), l’expertise derrière de l’autre (Laussucq), le duo reformé s’est épanoui dans la quiétude landaise et a fait mouche dès sa première année.

Pas en finale pour baisser le pantalon

« Je suis très heureux de vivre ça avec lui, nous sommes amis, cela fait 20 ans. On a vécu beaucoup de choses ensemble, des moments durs aussi », confie Laussucq, qui avait convaincu l’été dernier son ancien compère de quitter son poste de directeur commercial dans une entreprise de matériaux de construction du côté de Sarlat (Dordogne) pour le rejoindre car « je savais ce qu’il nous apporterait ».

A Mont-de-Marsan, les deux anciens Parisiens ont surtout trouvé chaussures à leurs pieds dans la peau du « petit » (8e budget de Pro D2 avec 5,2 millions d’euros).

« Depuis tout petit, j’ai toujours préféré les indiens aux cow-boys, j’ai toujours aimé le Petit Poucet, enchaîne l’ancien demi de mêlée. On est heureux d’être dans cette position, c’est magnifique ce que fait ce club. Imaginez, c’est la troisième finale d’accession avec toujours les mêmes valeurs, du coeur. »

« Bien sûr qu’on est un club à l’ancienne, un des rares clubs dans ce milieu ultra-professionnel depuis 15 ans avec des grandes métropoles et de gros mécènes, mais on existe encore, c’est fabuleux et on en est fiers », ajoute Laussucq.

Leur pari déjà gagné avec cette finale d’accession, les Montois se présenteront dimanche à Toulouse sans « aucun objectif de montée, de pression », d’après Auradou, ancien deuxième ligne: « La montée n’est pas une fin en soi. On est à 80 minutes du Graal, si on doit monter, on l’acceptera, ce sera au président de trancher. En tout cas, on ne va pas aller en finale pour baisser le pantalon. »

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

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