Jeudi se déroulera « le match des champions » entre le champion d’Europe 2014, le RC Toulon, et les Sharks, vainqueurs de la conférence sud-africaine du dernier Super Rugby. Mais il y a 18 ans une initiative de la sorte avait eu lieu puisque Brive, champion d’Europe 1997 avait reçu Auckland, vainqueur du Super Rugby la même année.

18 ans après le souvenir est vivace pour tous les amateurs de rugby. Plus forts techniquement, plus rapides, plus physiques, Auckland avait détruit Brive 47 – 11. « C’était comme passer 80 minutes dans une machine à laver » se souvient Alain Penaud. Brive qui venait de remporter la Coupe d’Europe un mois avant au terme d’une sublime finale face à Leicester, avait pris une leçon de rugby. Toujours selon Penaud « c’était comme se faire rouler dessus par un bus une centaine de fois ». Désabusé, Titou Lamaison dira lui « Je n’ai pas envie d’arrêter mais c’est tout comme. Quand je vois des trucs pareils, je me dis qu’on ne joue pas dans la même catégorie ».

De cette rencontre on se souvient aussi de l’essai stratosphérique de Vidiri perforant le terrain sur plus de 80 mètres et donnant l’impression de courir deux fois plus vite que tout le monde. C’était un peu comme si on avait vu les Harlem GlobeTrotters évoluer sur un terrain de rugby. Auckland semblait irrésistible, le ballon volait de mains en mains et allait très vite vers les ailes. La vitesse c’est ce qui avait frappé le plus tout le monde. Tout allait très vite. Que ce soit dans les courses, dans les passes, dans la volonté de faire vivre le ballon ou dans les soutiens. Toujours présents, toujours efficaces, les néo-zélandais avaient à chaque fois une multitude de solutions. Ce que confirme Christophe Lamaison « Tu ne sais jamais s’ils vont te péter dedans, s’ils vont passer la balle à droite, à gauche, s’ils vont te crocheter. A tous les coups, ils ont tous les choix et toi, tu es perdu. Ils ne doutent jamais de leur jeu, ils peuvent le déployer à n’importe quel endroit du terrain ».

Tous les joueurs d’Auckland étaient ressortis du lot, mais Lee Stensness avait inscrit à lui tout seul un triplé et avait offert un essai tout fait à Lima. Le même Stensness sera d’ailleurs l’artisan de la victoire de Toulouse deux ans plus tard en finale du championnat de France.

Mais revenons au match, la France venait de découvrir le talent de ces équipes de l’hémisphère Sud. Le Super Rugby vivait ses premières années avec ses scores de match de basket. Le fossé entre le rugby des deux hémisphères semblait énorme, ce que confirmeront quelques mois plus les SpringBoks en atomisant les français pour le dernier match au Parc des Princes 52 – 10.

A propos de l'auteur

Passionné de rugby depuis ma tendre enfance que j'ai passée dans les travées de la tribune CGT du stade Aimé Giral, je suis l'initiateur du projet Up And Under depuis Juillet 2013.

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