C’est en compagnie d’Alexandra Pertus, joueuse au Lille Métropole RC Villeneuvois depuis 9 ans (75 sélections avec l’équipe de France à XV et à 7 et une participation à une Coupe du Monde), que nous entrons dans les coulisses d’une préparation pas tout à fait comme les autres.

Cette retransmission par Canal+ a lieu dans le cadre des « 24 h du sport féminin ». Qui en a été à l’initiative ?
C’est Canal + qui a contacté la FFR car ils cherchaient un match à diffuser le 24 janvier et le LMRCV était la seule équipe du Top8 à jouer ce jour-là en match reporté. Canal + a donc directement contacté la fédé, qui nous a appelés. Ensuite, nous avons dû nous organiser pour tout préparer. Cela fait un mois et demi que l’on travaille dessus, c’est un boulot énorme.

Comment se passe la préparation ?
Avec Laura Di Muzio (N.D.L.R Joueuse également au LMRCV), nous travaillons sur toute la partie communication et marketing de ce projet. Il y a, tous les jours, beaucoup de choses à faire !

C’est donc votre club qui gère tout ?
Pratiquement. Nous essayons de trouver des partenariats pour nous aider à financer les coûts engendrés par ce projet, mais c’est très difficile. C’est une super initiative, mais nous sommes obligés de trouver des budgets pour faire cette journée. Nous avons créé des supports, des affiches, nous avons la location du stade… et ce n’est pas gratuit parce que ce n’est pas notre stade. Nous devons louer un chapiteau pour recevoir tout le monde, le plan Vigipirate nous oblige, ce qui est normal, à avoir une sécurité renforcée… tout cela est assez onéreux. En fait, il y a plein de petites choses qui engendrent au final pas mal de frais pour un club qui ne peut pas supporter tous ces coûts.

Vos sponsors ont-ils répondu présent ?
C’est compliqué de leur demander parce que les partenariats sont établis en début de saison et les subventions ne peuvent pas être augmentées. Ce sont beaucoup d’institutionnels, comme la ville de Villeneuve d’Ascq et la Métropole Européenne Lilloise par exemple qui nous aideront un peu pour la communication autour de ce match, et qui vont proposer des animations à la mi-temps. Ultrapetita nous a fait un jeu de maillot. C’est un partenaire qui a très bien réagi et qui nous aide. En fait, chacun participe un peu à la fête, à sa manière.

Le Comité vous a t-il apporté une aide ?
Il nous paie le coût des arbitres de touche et nous offre des ballons, tout en faisant un peu de communication autour de l’événement.

Des aides extérieures supplémentaires seraient donc les bienvenues…
Oui, c’est pour cette raison que nous avons lancé un appel aux dons sur Sponsorise.me. Toutes les participations sont utiles, même celles de 1 ou 2 €. Des petites sommes peuvent en effet nous permettre de faire face à nos frais de déplacement, à nos collations, etc. Il s’agit d’aider le club, en aucun cas de nous payer. Nous espérons que via cette plate-forme, les gens vont nous connaître et auront envie d’entrer dans l’aventure du rugby féminin.

Quelles sont vos attentes ?
Cette médiatisation est positive pour le rugby féminin, et il ne faudrait pas que cela retombe comme un soufflé. Les télés se bougent et c’est très bien. On veut faire découvrir le rugby féminin. On a envie de partager notre quotidien, de montrer ce qu’est le rugby amateur alors que l’on s’entraine trois fois par semaine, ce qui est énorme. A Canal+, ils ont d’ailleurs été étonnés de notre réponse quand ils nous ont demandé si on acceptait les caméras dans les vestiaires avant le match. On leur a dit « oui », évidemment, toutes les émotions que l’on vit avec notre sport, on a envie de les partager.

Côté sportif, préparez-vous cette rencontre plus spécifiquement ?
Nous prenons les matchs les uns après les autres. Ce week-end, nous nous déplaçons à Rennes. Perpi, c’est dans 2 semaines, et nous ne serons pas performantes si nous ne pensons qu’à ça. Nous attaquerons dès lundi, dans notre tête, le match contre Perpignan. Il ne faut pas que nous soyons perturbées ou excitées par ce match. Nous allons donc faire les choses les unes après les autres, sans brûler les étapes.

Sentez-vous, malgré tout, une effervescence dans le club ?
Pas vraiment. On en parle simplement sur l’aspect communication ou marketing. Nos coachs Damien Couvreur et Guillaume Bacharah sont très rigoureux dans notre manière de préparer les matchs. Qu’il y ait Canal+ ou pas, un match de rugby, c’est un match de rugby… Même si c’est essentiel, pour nous, de faire une belle performance malgré tout parce qu’il y aura beaucoup de lumière sur l’événement.

Quelle est votre ambition, cette année, pour l’équipe ?
On n’ose plus l’exprimer ! Comme cela fait trois ans que l’on titille le haut du classement, demi-finale, finale et qu’on n’y arrive pas… On préfère jouer match après match, et ne pas penser à ce qui va se passer après, pour ne pas nous mettre trop de pression. Si tout se passe bien, on peut finir premières à l’issue de la rencontre contre Perpignan, et là on aura alors vraiment notre destin en mains.

Alexandra, le mot de la fin ?
Notre équipe féminine, qui a fêté ses 20 ans d’existence, souhaite faire vivre à un maximum de monde notre passion pour ce ballon ovale. J’espère que cette retransmission télé va continuer à faire bouger les choses.

Parce qu’elles le valent bien !

« Jouer au rugby dans le Nord n’est pas toujours chose facile. Et cela l’est encore moins quand on est une fille. Le LMRCV nous permet à toutes de nous épanouir en tant que sportives mais surtout en tant que femmes. »
Faites, vous aussi, partie de cette belle aventure en participant à leur projet.

A propos de l'auteur

Fille et petite-fille de rugbymen, j'ai été élevée au bord des terrains et à la passion de la balle ovale. Je suis l'auteure du livre "Entre les lignes, le rugby pro est-il en train de perdre son âme ?" (Editions du Rocher, 2013) & co-auteure de "France-Angleterre, une guerre ovale de 100 ans" (Glénat, 2014).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.